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Comment Humbert en est-il arrivé là ?

Comment Humbert en est-il arrivé là ?
Publié le 12 févr. 2024 à 14:57

Il y a quelques jours encore, Ugo Humbert (25 ans) avait répété son désir de faire partie au plus vite des dix premiers mondiaux. Le Messin avait toutefois ajouté qu’il faudrait y aller étape par étape, et passer d’abord par le Top 15 avant de songer à aller plus haut. Comme c’est parti, non seulement le Top 10 pourrait le voir débarquer aussi rapidement qu’il ne l’espère, mais il pourrait de surcroît ne pas avoir besoin de faire d’abord un crochet par le Top 15.

Si le tournoi de Marseille, catégorisé ATP500 n’a pas le calibre d’un Masters 1000 ni, encore moins, d’un tournoi du Grand Chelem, il a néanmoins permis à Humbert, titré pour la deuxième fois en trois mois, de prouver qu’il n’y avait probablement pas à crier au fou en l’entendant faire part de ses ambitions à l’avenir. Ce cinquième trophée (en cinq finales) a d’ailleurs conforté le joueur entraîné par Jérémy Chardy dans ses certitudes. « On est tellement proches les uns des autres. Ça ne se joue à rien, à de la régularité. Le fait d’être solide tout au long de la saison qui fait que tu arrives à te rapprocher des meilleures places. »

Humbert : « Quand je suis arrivé, je me sentais un peu seul »

Mais comment Humbert, de nouveau numéro 1 français, en est-il arrivé là ? C’est la question que tout le monde, les fans de la première heure d’Humbert excepté, se posait dimanche soir tandis que le héros se roulait de joie sur le sol du Palais des Sports. L’intéressé lui-même a tenté d’y répondre ensuite devant la presse, expliquant en préambule via des propos recueillis par L’Equipe, que s’il se trouvait dans la forme de sa vie aujourd’hui, il le devait aux… autres joueurs français.

« Quand je suis arrivé, ça m’a manqué. Je me sentais un peu seul, il n’y avait pas vraiment d’émulation (…) Avec « Manna » (Adrian Mannarino),les deux Arthur (Fils et Cazaux) ou « Luca » (Van Assche), on se tire tous vers le haut. » Il ne s’agit évidemment pas de l’unique raison. Et il n’y a pas besoin de parler longtemps avec le 18eme mondial (son meilleur classement) depuis lundi pour comprendre qu’il a surtout passé un cap dans tous les domaines : tennistique (« J’ai énormément progressé au filet (…) J’ai toujours eu une balle qui va vite, sauf que j’en mettais un peu partout »), physique (« Sur le court, je vais plus vite, je suis plus explosif ») et même mental (« je me répète beaucoup avant le match pourquoi je suis là, ce que je suis venu chercher, ce que j’ai envie de faire. Et du coup, quand j’arrive sur le match, je me sens bien tout de suite »).

Humbert : « Jérémy (Chardy) m’a restructuré »

Chardy lui a ainsi enseigner l’art d’ « aimer la douleur et devenir un lion sur le court », quand Lapo Becherini lui a, de son côté, apporté de « la confiance dans un domaine où (il n’en avait) pas » et appris à « ne plus avoir de complexe », y compris contre les meilleurs. Un cocktail détonnant et servi frappé (fort), comme le service du Mosellan – autre atout de son jeu auquel il a donné une nouvelle dimension – qui permet à celui qui était surnommé « le roseau » plus jeune au Pôle France de Poitiers – « je me faisais chambrer mais ça m’a forgé aussi » – de se voir désormais dans la peau d’un champion capable de tous les exploits.

« J’ai tout ce qu’il faut, même si on ne maîtrise pas tout », a néanmoins rappelé dimanche le Lorrain, avant tout conscient qu’il n’en serait pas là si Chardy, alors encore en activité (NDLR : Il était définitivement passé de l’autre côté de la barrière après le dernier Wimbledon), ne l’avait pas relevé alors qu’il avait « coulé complètement », en pleine pandémie. « Jérémy m’a restructuré. Je me suis retrouvé au-delà de la 150eme place, à jouer des Challengers dans des endroits pas forcément fun. Mais ça m’a permis d’être humble, à me dire qu’il fallait continuer à bosser. C’est ce que j’essaie de faire tous les jours. » Le résultat est impressionnant, et le Top 10 plus si loin. Même aux yeux de ceux qui n’y auraient jamais cru.

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