TikTok : une nouvelle échéance pour éviter le blackout américain

Alors que TikTok était sur le point d’être bloqué aux États-Unis, un décret présidentiel lui accorde un sursis inattendu.
Tl;dr
- Donald Trump a prolongé de 75 jours le délai avant l’interdiction de TikTok pour permettre la finalisation d’un accord avec des investisseurs américains.
- Plusieurs groupes, dont Oracle, Amazon et Walmart, sont en lice pour racheter les activités américaines de l’application.
- ByteDance reste réticent à vendre, tandis que la Chine doit encore approuver toute transaction éventuelle.
Une décision de dernière minute pour éviter le bannissement
À seulement un jour de la date butoir prévue, Donald Trump a annoncé sur Truth Social qu’il signait un décret exécutif pour prolonger le délai accordé à TikTok. Cette décision vise à permettre la finalisation d’un accord en cours, selon l’administration Trump qui affirme avoir réalisé des avancées significatives. L’objectif est d’éviter une suppression de l’application sur le sol américain tout en garantissant un contrôle national sur ses opérations. Ce décret marque la deuxième prolongation depuis l’arrivée de Trump à la présidence. Initialement, ByteDance, la maison mère de TikTok, devait vendre ses activités américaines avant le 19 janvier 2025, selon une loi signée par Joe Biden. L’annonce de Trump intervient dans un contexte géopolitique tendu avec la Chine.
Des investisseurs américains en lice pour racheter TikTok
Plusieurs géants américains sont actuellement en pourparlers pour reprendre TikTok aux États-Unis. Parmi eux, on retrouve Oracle, Blackstone et Andreessen Horowitz, dont la proposition est considérée comme favorite. D’autres entreprises comme Amazon, Walmart, AppLovin ou encore le consortium Project Liberty de Frank McCourt ont également manifesté leur intérêt. L’administration américaine souhaite que TikTok passe sous contrôle national, afin de garantir la sécurité des données des utilisateurs. Cependant, un feu vert de la Chine est indispensable pour finaliser toute transaction. Cette complexité freine l’avancement du dossier malgré l’intérêt des investisseurs.
Une tension persistante entre les États-Unis et la Chine
Cette affaire s’inscrit dans un climat de relations commerciales tendues entre les deux puissances. Quelques jours avant cette annonce, Donald Trump a instauré des tarifs douaniers de 34% sur les importations chinoises. Il a néanmoins laissé entendre qu’il pourrait réduire ces tarifs si cela facilitait un accord sur TikTok. Dans son message, Trump insiste sur l’importance des tarifs pour préserver la sécurité nationale et obtenir un commerce équitable. Il souligne également que la Chine n’apprécie pas ces mesures, mais qu’elles sont, selon lui, nécessaires. Cette extension de délai est donc autant une manœuvre économique que diplomatique.
ByteDance reste réticent malgré la pression américaine
Malgré les pressions, ByteDance ne semble pas disposé à vendre TikTok ou à réduire sa participation, comme l’exigerait la loi américaine. La firme chinoise n’a jusqu’à présent exprimé aucun intérêt public pour une cession. Le retrait temporaire de TikTok des boutiques Apple et Google a montré la volonté des autorités américaines d’agir fermement. Toutefois, la restauration de l’application après la première prolongation illustre l’équilibre précaire entre sanctions et négociation. La question demeure : TikTok acceptera-t-il de changer de mains ou résistera-t-il jusqu’au bout ? Les prochains jours seront déterminants pour l’avenir de l’application aux États-Unis.