La Chine en tête dans la course aux robots humanoïdes

Les robots humanoïdes, perçus comme l’avenir de l’industrie et des services, voient la Chine prendre une avance décisive sur les États-Unis.
Tl;dr
- La Chine, avec des entreprises comme Unitree et Agibot, concurrence sérieusement Tesla dans la production de robots humanoïdes.
- Les coûts de fabrication plus faibles et une forte politique de soutien du gouvernement chinois offrent un avantage stratégique.
- Les États-Unis doivent accélérer leurs investissements et réduire leur dépendance à la Chine pour ne pas être dépassés.
Une montée en puissance rapide
Les robots humanoïdes, capables d’imiter l’apparence et les mouvements humains, suscitent un engouement croissant. Aux États-Unis, Tesla mène la course avec son robot Optimus, visant 5 000 unités en 2024. Cependant, des entreprises chinoises comme Unitree Robotics et Agibot affichent les mêmes ambitions, démontrant ainsi la montée en puissance de l’industrie robotique chinoise. Ces robots sont destinés à remplacer des travailleurs dans l’industrie et les services, promettant des gains de productivité majeurs. L’implication de grandes entreprises chinoises comme Xiaomi ou BYD dans ce domaine renforce encore cette dynamique. Si cette tendance se confirme, la Chine pourrait dominer un marché qui devrait connaître une explosion dans les prochaines décennies.
Un avantage économique décisif
Les coûts de fabrication des robots humanoïdes varient de 10.000 à 300.000 dollars selon Morgan Stanley. La Chine, grâce à ses capacités de production et à ses économies d’échelle, propose des modèles plus abordables. Le G1 de Unitree, vendu à 16.000 dollars, surpasse déjà Optimus, estimé à 20.000 dollars si Tesla parvient à optimiser ses coûts. Ce positionnement agressif rappelle la stratégie chinoise dans l’industrie des véhicules électriques, où des marques comme BYD ont su surpasser Tesla en volume et en prix. En contrôlant l’ensemble de la chaîne de production, la Chine réduit ses dépendances et maîtrise ses coûts bien mieux que ses concurrents occidentaux. Ainsi, elle s’assure une position dominante sur le marché en pleine expansion des robots humanoïdes.
Un soutien stratégique du gouvernement
Le gouvernement chinois a fait de la robotique humanoïde une priorité nationale. En 2023, Pékin a fixé des objectifs de production à grande échelle pour 2025. De plus, le pays domine les dépôts de brevets dans ce domaine avec près de 5700 brevets déposés en cinq ans, contre seulement 1500 aux États-Unis, renforçant son avance technologique. La volonté de Pékin s’explique en partie par le vieillissement de sa population et la nécessité de compenser une main-d’œuvre en déclin. Pour favoriser cette industrie, des investissements massifs sont réalisés, et des partenariats entre entreprises et instituts de recherche sont encouragés. En conséquence, les robots humanoïdes ne sont plus seulement des prototypes, mais des outils concrets déjà testés dans des usines chinoises.
Un défi majeur pour les États-Unis
Les experts alertent sur une possible domination chinoise dans ce secteur clé. La Chine contrôle déjà 70% de la chaîne d’approvisionnement des composants nécessaires. Face à ce constat, les États-Unis doivent réagir rapidement en développant une industrie locale robuste et en réduisant leur dépendance aux composants chinois pour espérer rivaliser. Le risque est non seulement économique, mais aussi stratégique, car la robotique humanoïde pourrait transformer profondément le marché du travail mondial. Si les entreprises américaines ne parviennent pas à rattraper leur retard, elles risquent d’être marginalisées dans un secteur qui pourrait générer des milliards de dollars d’ici 2030. Pour inverser la tendance, elles doivent accélérer leurs investissements, renforcer leurs capacités de production et nouer des alliances avec des pays alliés pour sécuriser leur approvisionnement.