Et si on apprenait à (vraiment) s'ennuyer ? L'ordonnance feel good du Dr Aga

Cette semaine, dans le premier lien auquel je vous renvoie à la fin de ce texte, le chanteur Ben Mazué parle de l’ennui. Cette sensation devenue si rare, et qui pourtant, assure-t-il, est la plus féconde qui soit. C’est grâce à l’ennui qu’il a appris à jouer d’un instrument, à écrire des chansons, etc etc. En l’écoutant, on ne peut pas s’empêcher de penser à notre propre expérience. Souvent l’ennui, c’était pendant l’enfance : les heures en classe à écouter des profs soporifiques, les vacances parfois trop longues quand l’on avait épuisé toutes les ressources de rigolade aux alentours, les déjeuners de famille interminables et dans certains cas, dont le mien, la messe : si aujourd’hui j’adore trainer dans les églises, je me souviens m’y être tellement emmerdée petite fille que j’avais l’impression que j’allais mourir (ma mère me confisquait le roman que j’embarquais en douce, il ne me restait que le missel à boulotter, c’était une torture).
Et pourtant, je crois qu’on est très nombreux à repenser à ces moments vides avec nostalgie. Sans doute parce que devenus adultes, l’ennui nous semble presque un luxe. Il signifie qu’on a fait tout ce qu’on avait à faire dans la journée, ce qui en soi est une gageure. Et les rares fois où ça se produit, il y a toujours une source de distraction facile à portée de mains, vous savez, ce pavé rectangulaire et dur où des milliards de gens racontent leurs vies....