Adoption : blocage à tous les étages

Stéphanie Pillonca, auteure du documentaire « C'est toi que j'attendais », décrit le parcours encore compliqué de l'adoption, en attendant une nouvelle loi examinée à l'Assemblée en janvier.
ELLE. Votre film suit deux couples dans l'attente d'un bébé, une mère qui tente de retrouver son fils, et un père de famille à la recherche de sa mère biologique. Comment les avez-vous choisis ?
Stéphanie Pillonca. J'ai rencontré des centaines d'individus en attente d'agréments, des mères ayant accouché sous X ou des adoptés à la recherche de leurs origines. Et je me suis vite rendu compte que si l'adoption est ouverte aux célibataires depuis 1920, les commissions leur préfèrent les neuf dixièmes du temps des couples, jugés plus stables pour l'enfant en raison de la double filiation. Quant aux couples homosexuels rencontrés (moins de 1 % des agréments actuels), bien qu'enthousiasmés par le projet, ils ne souhaitaient pas apparaître à l'écran.
ELLE. Adopter ou trouver ses origines semble être un parcours du combattant. Qu'avez-vous découvert au cours de votre enquête ?
S.P. En suivant Sylvian, né à Chartres en 1970 d'une mère biologique avec laquelle il tente aujourd'hui d'entrer en contact, j'ai appris que sous prétexte de protéger l'anonymat des naissances sous X, les dates ou les lieux d'accouchement avaient pu être modifiés, rendant presque impossible toute...