Dopage mécanique: La grosse inquiétude

Aucun cas de dopage n’a été révélé depuis désormais deux ans dans le World Tour. Cela vaut pour le dopage biologique comme pour le dopage mécanique, dont les seuls cas avérés ne concernent que des courses mineurs à l’instar de ce sexagénaire, qui utilisait un moteur dans une épreuve lambda en Ardèche.

Pour autant, le dopage mécanique inquiète de nombreux acteurs du peloton. C’est le cas de l’ancien coureur Yoann Offredo, désormais consultant pour France Télévisions et invité au forum Demain Le Sport.  « C’est un peu la spéculation et c’est un peu ce qu’on se demande quand on regarde les courses de vélo à la télé. C’est quoi la suite ? C’est quoi l’innovation ? Alors il n’y a peut-être plus, ou j’espère, moins de dopage biologique mais est-ce qu’on ne va pas arriver à du dopage mécanique, s’est-il interrogé. On s’est déjà posé la question. Il y a eu le cas de Fabian Cancellara sur le Tour de Flandres il y a quelques années. Pourquoi pas ? Dans des semelles, il y a quatre centimètres pour cacher et dans les roues de vélo, il y a cinq centimètres… »

Plus généralement, l’ancien coureur de la FDJ est contre l’innovation à outrance. « Clairement, les oreillettes sont néfastes pour le cyclisme, ça rend une course stéréotypée, monotone, a-t-il regretté, ajoutant « Il y a une inégalité accentuée entre les sportifs » en pointant le budget parfois illimité de certaines équipes à l’instar de la Team UAE Emirates. Un moindre mal néanmoins. « Avant, la recherche et le développement dans les équipes, c’était de rechercher le meilleur moyen de tricher, de se doper, alors que ces dernières années ce n’est plus le cas », a-t-il fait remarquer.

Dopage: Suspicion dans le peloton

Attention, zone grise ! Considérées par certains comme de simples compléments alimentaires par certain, les cétones sont vus par d’autres comme de véritables produits dopants, quand bien même ils sont autorisés et par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) et par l’Union Cycliste Internationale (UCI). Pour preuve, leur finalité est uniquement d’améliorer la performance, avancent leurs détracteurs.

« On recommande de ne pas l’utiliser mais c’est le maximum qu’on peut faire, regrette à cet effet dans les colonnes de Vélo-Magazine Roger Legeay, le président du Mouvement pour un cyclisme crédible MPCC), auquel adhèrent les formations françaises. On n’a pas les moyens de vérifier ce que font les équipes et Chauvin fait ce qu’il veut. Mais quand on voit des articles qui disent qu’il y a 15% d’amélioration des performances avec les cétones, ça interpelle, ce n’est pas éthique, ce n’est pas moral. On ne fait pas du sport pour être une pharmacie ambulante. »

Il faudrait que les règles soient les mêmes pour tout le monde

Alors qu’il évoluait sous les couleurs de la Lotto-Soudal, Jelle Vanendort s’est laissé tenter lors du Tour 2018. Sans être convaincu. « Je n’ai pas vu d’effet positif mais dans l’équipe, on ne savait pas vraiment comment utiliser les cétones », a-t-il expliqué, plaidant néanmoins pour que tous les coureurs soient logés à la même enseigne: « Il faudrait que les règles soient les mêmes pour tout le monde sinon la compétition n’est pas correcte.»

Tandis que seules la Jumbo-Visma et la Quick-Step ont reconnu avoir recours aux cétones, le doute s’instille dans les esprits. « Ce qui me gêne, c’est que ça amène la suspicion », a regretté Roger Legeay. La suspicion et la frustration. « Vous décrédibilisez le cyclisme » n’a pas hésité à lancer Jean-René Bernaudeau, le manager de TotalEnergies à l’un de ses homologues.

Evenepoel, de sérieux doutes ?

L’année 2022 aura été celle de toutes les premières pour Remco Evenepoel. Après avoir remporté son premier Monument sur Liège-Bastogne-Liège au printemps, le prodige belge a décroché sa première victoire sur un grand Tour en écrasant la Vuelta puis a été sacré champion du monde en Australie. « Atteindre mes trois rêves la même année, c’est fou », pouvait bien savourer le coureur de la Quick-Step.

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Entré dans l’histoire du cyclisme en rejoignant Eddy Merckx et Bernard Hinault dans le cercle très fermé des coureurs capables de remporter la même année un Monument, un Grand Tour et les championnats du monde, Remco Evenepoel mérite tous les superlatifs de l’aveu du Cannibale. « C’est un nouveau roi, ça fait longtemps qu’il était sur le marche-pied, on l’attendait presque depuis l’époque où il était junior tellement il gagnait avec facilité. Aujourd’hui, Remco Evenepoel est rentré dans le cercle très restreint, non plus des stars, mais des icônes comme Roger Federer », s’est enthousiasmé Cyrille Guimard auprès de Cyclism’Actu.

On peut toujours avoir des doutes

« On peut toujours avoir des doutes, « est-ce que ça va durer ? », « on en a vu d’autres… » », a poursuivi l’ancien sélectionneur tricolore, avant de se montrer définitif : « mais non je crois qu’on n’en a pas vu d’autres. » « On peut se demander quel serait son palmarès aujourd’hui s’il n’y avait pas eu cette longue coupure après sa chute sur le Tour de Lombardie, qui l’a quand même handicapée physiquement pendant pratiquement un an et demi », a-t-il poursuivi avant de donner son avis sur la question du moment : Remco Evenepoel sera-t-il au départ du prochain Tour de France ?

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«Non. Ce n’est pas une obligation. Il a déjà pris le départ d’un Tour d’Italie en n’étant pas suffisamment prêt l’an dernier. N’oubliez pas qu’il a 22 ans, il y a peu de temps, on disait qu’à cet âge on était trop jeune », a-t-il lancé, ajoutant : « Regardez par exemple Tadej Pogacar cette année, il a une équipe de bras cassés et il n’a pas gagné le Tour de France. Aujourd’hui est-ce que l’équipe de Lefevere est prête, sur un Tour de France, à prendre la barre du premier au dernier jour ? Alors laissez Patrick Lefevere gérer le problème avec le coureur et ses conseillers et on verra bien s’il sera au départ du Tour de France ou pas. »

Alaphilippe, le nouveau défi

Retour à l’ordinaire pour Julian Alaphilippe. Le coureur français va retrouver le maillot de l’équipe Quick-Step Alpha Vinyl et délaisser la tunique de champion du monde, sa deuxième peau depuis deux ans, qui est désormais la propriété de son coéquipier Remco Evenepoel.

Maintenant que le feuilleton du championnat du monde est terminé, Alaphilippe va pouvoir se consacrer sur ses derniers objectifs de la saison. Parmi eux, le Tour de Lombardie, où il avait terminé deuxième en 2017 derrière Vincenzo Nibali. Pour préparer ce dernier Monument de l’année, le puncheur de Saint-Amand Montrond va disputer samedi le Tour d’Emilie, où sont également attendus David Gaudu, Alejandro Valverde, Tadej Pogacar et peut-être Mathieu van der Poel, si le Néerlandais a la tête à la course après ce qui lui est arrivé en Australie. 

Alaphilippe, qui va disputer pour la première fois ce Tour d’Emilie, sera épaulé par Tim Declercq, Dries Devenyns, James Knox, Ilan Van Wilder, Mauri Vansevenant et Louis Vervaeke. « Nous avons une équipe solide et très motivée pour samedi. Nous avons bien réussi ici par le passé et nous espérons une autre bonne sortie ce week-end. Julian vient d’Australie et est très déterminé pour ces dernières semaines de la saison, mais nous avons aussi d’autres gars qui peuvent obtenir un bon résultat, donc nous sommes confiants et ferons de notre mieux là-bas », a expliqué le directeur sportif Davide Bramati.

Alaphilippe garde encore l’espoir de finir sur une bonne note une saison qui a été particulièrement difficile pour lui, avec de nombreuses chutes et seulement deux victoires.

Tour de Croatie: Persuadé d’avoir gagné, il est battu à la photo-finish

Malheureux, Pierre Barbier. Le Français de l’équipe B&B Hotels-KTM pensait bien tenir la première victoire de sa carrière chez les professionnels ce mercredi sur le Tour de Croatie. Lors de l’arrivée à Zadar, le sprinteur tricolore était persuadé d’avoir débordé l’Italien Jonathan Milan (Bahrain-Victorious) pour le devancer sur la ligne d’arrivée. Il a immédiatement levé les bras, et laissé exploser sa joie.

Battu pour moins d’un millième de seconde !

Malheureusement pour lui, Pierre Barbier a déchanté quelques minutes plus tard. Le verdict de la photo-finish lui a été fatal, donnant un infime avantage à Milan, pour moins d’un millième de seconde. Rageant.

Interrogé à chaud sur la chaîne L’Equipe, Pierre Barbier avait du mal à digérer ce résultat. « Je n’aurais jamais levé les bras si je n’étais pas sûr. Après la course, Milan me dit que c’est moi, c’est clair. Je suis sûr », a regretté le coureur français. Il semble pourtant que ce soit bien juste après la ligne d’arrivée que Barbier ait dépassé Milan.