Mathilde Favier avant son trépas : "Je prends beaucoup de plaisir à bien vieillir", sa lucidité face aux années qui passent

À l’église Saint-Sulpice, le 31 août 2026, les applaudissements ont duré longtemps lorsque le cercueil en osier blanc de Mathilde Favier est apparu, recouvert de fleurs blanches et roses. Quelques jours après l’accident qui lui a coûté la vie, la directrice des relations publiques de Christian Dior Couture, figure solaire de la mode parisienne, n’était plus là pour commenter le temps qui passe, alors qu’elle affirmait encore en 2020 : "Je prends beaucoup de plaisir à bien vieillir". Le 17 août, un violent accident sur la départementale 988 à Airvault, entre Thouars et Parthenay, dans les Deux-Sèvres, a emporté Mathilde Favier et son compagnon, le producteur Nicolas Altmayer, comme l’a raconté le magazine Madame Figaro. Comment celle qui revendiquait la joie de voir les années s’accumuler a-t-elle composé avec la maladie, la ménopause et un milieu obsédé par la jeunesse ? C’est là que se joue le sens de Mathilde Favier bien vieillir.
Une disparition brutale qui révèle une femme solaire
Le 31 août 2026, ses funérailles ont été célébrées à 14h30 à Saint-Sulpice, quelques heures après celles de Nicolas Altmayer à Saint-Germain-des-Prés, toujours selon Madame Figaro. Brigitte Macron, Carla Bruni, Nicolas Sarkozy, Catherine Deneuve ou encore Claudia Schiffer étaient présents pour saluer celle que la journaliste Sophie Fontanel décrit comme "un être impatient" et ajoute : "Elle était la vie même, si solaire". L’Ave Maria interprété par Pretty Yende a accompagné l’instant où les deux cercueils ont été réunis devant l’assemblée. À la sortie, la muse d’Yves Saint Laurent, Betty Catroux, a résumé ce que beaucoup pensaient : "C’était une femme rare, le symbole du bonheur. Toujours heureuse, toujours positive. Elle essayait de ne blesser personne. Elle voulait sauver tout le monde et que tout le monde soit heureux. Une personnalité magique". Dans ce décor très romanesque, sa façon d’affronter le temps prend une résonance particulière.
"Je prends beaucoup de plaisir à bien vieillir" : un art de vivre entier
Citée en 2020 par L’Officiel, Mathilde Favier lançait cette phrase devenue emblématique : "Je prends beaucoup de plaisir à bien vieillir". Son appartement parisien, détaillé aussi dans son livre Mathilde à Paris, n’était pas un décor figé mais un lieu vivant où la patine, les souvenirs de famille et les œuvres d’amis racontaient les années accumulées. Pour elle, bien vieillir signifiait laisser les objets, les corps et les relations prendre du relief avec le temps plutôt que chercher une éternelle première jeunesse.
Cancer, ménopause et hygiène mentale : la lucidité de Mathilde Favier
Diagnostiquée d’un cancer du sein en 2016, elle a poursuivi son rôle chez Dior tout en élaborant ce qu’elle appelait son hygiène mentale, concept détaillé dans le podcast Failles diffusé sur Apple Podcasts. Rituels de yoga, attention au sommeil, tri dans les relations, spiritualité nourrie par Spinoza et par l’idée que vieillir revient de plus en plus à aider les autres formaient une discipline discrète. Sa surdité partielle de naissance, loin d’être cachée, s’intégrait aussi à cette identité assumée. Dans l’émission Allez j’ose !, elle abordait la ménopause en parlant ouvertement du corps qui change tout en continuant d’incarner l’élégance Dior. Pour structurer ce "bien vieillir", elle misait sur quelques gestes simples :
- réserver chaque jour un moment pour le corps, même court ;
- protéger son esprit des discours anxiogènes ;
- entretenir un cercle de personnes qui tirent vers la joie.



