Hélène de Fougerolles raconte les années de galère avant le diagnostic de sa fille

Pendant longtemps, Hélène de Fougerolles a gardé cette histoire pour elle. Non pas par honte, mais parce qu’elle se sentait responsable des difficultés rencontrées par sa fille. Dans une interview accordée au magazine Parents, publiée le 10 septembre 2026, la comédienne revient sur les vingt années qui ont précédé le diagnostic d’autisme de Shana, aujourd’hui âgée de 22 ans. À l’époque, les médecins manquaient encore de connaissances sur le trouble du spectre de l’autisme.
Hélène de Fougerolles a cherché seule les réponses
Lorsque Shana était enfant, certains comportements interpellaient déjà sa mère. Pourtant, Hélène de Fougerolles explique que les professionnels ne parvenaient pas à identifier ce qui se passait. "C'était il y a 20 ans, on disait que les enfants étaient handicapés mentaux. On ne savait pas du tout ce qu'était l'autisme", raconte-t-elle à Parents.
À force de se documenter, la comédienne finit toutefois par reconnaître certains signes. Elle évoque notamment "le flapping" et "des chansons intérieures". Cette accumulation d’informations lui permet progressivement de comprendre la situation : "Donc le diagnostic, qui à force de lire des choses, moi, j'ai fini par savoir que c'était de l'autisme". Les rendez-vous médicaux, eux, se multiplient sans apporter de véritable réponse. "J'en pouvais plus d'aller voir des docteurs. On en a vu beaucoup beaucoup, on a fait beaucoup de prises de sang, on ne savait pas ce qu'elle avait. Ça a été très chiant et très long", confie-t-elle.
Hélène de Fougerolles assume désormais sa colère
Cette période a aussi profondément marqué la comédienne sur le plan personnel. Dans son livre T'inquiète pas, maman, ça va aller, publié en 2021, elle racontait la culpabilité qui l’avait longtemps accompagnée. "J'étais persuadée d'être la cause de sa particularité. C'était mon talon d'Achille, je ne supportais pas qu'on sache que je vivais ça. Je ne pouvais pas parler d'elle sans pleurer (…) On m'avait beaucoup dit que j'étais une mauvaise maman."
Aujourd’hui, Hélène de Fougerolles ne cache plus sa colère. Certains propos tenus par des professionnels au sujet de sa fille l’ont profondément révoltée. "Donc déjà, moi, j'ai envie de les frapper en disant : 'Handicap ? Ta gueule, déjà ! Handicap émotionnel, conasse'", lance-t-elle dans Parents. Elle poursuit : "J'ai dû les remettre en place. À faire : 'Mais arrêtez, parce que toi, t'es la vérité ? Parce que toi, t'es un exemple ? À quel moment j'ai envie de te ressembler, quoi ! Et à quel moment tu vas dire que ma fille est handicapée.' Je suis dingue, mais je ne supporte pas ça".
Une nouvelle organisation pour Shana
Vingt ans après les premiers questionnements, Shana bénéficie désormais d’un cadre adapté à ses besoins. La jeune femme passe la semaine dans un institut spécialisé situé près d’Aix-en-Provence. Hélène de Fougerolles continue de l’accompagner au quotidien. La comédienne lui rend régulièrement visite et reste très présente auprès d’elle. Après des années marquées par les doutes et l’absence de diagnostic, elle raconte aujourd’hui cette histoire avec une parole beaucoup plus directe.



