
Flavie Flament : "David Hamilton… alignait des corps nus de gamines", la journaliste dénonce un permis de détruire des vies après l'affaire Patrick Bruel

Certains scandales fracturent durablement les certitudes d'une société. Depuis l'affaire Patrick Bruel, la parole des victimes résonne avec une force inédite. Flavie Flament incarne pourtant bien plus qu'un simple témoignage personnel. Car derrière son récit surgit une interrogation collective plus large : comment une industrie entière a-t-elle pu si longtemps fermer les yeux ? La suite de cet article explore précisément cette mécanique de l'impunité et ses ravages.
Un soir de 1991, un thé et un black-out
Flavie Flament a livré à Mediapart un récit glaçant sur Patrick Bruel. Elle a évoqué avec une précision troublante un soir de 1991, après un shooting photo. « Je me souviens précisément de l'appartement, très précisément. Je n'ai jamais oublié », a-t-elle déclaré. Le chanteur lui a alors proposé un thé, détail qu'elle a ainsi relevé : « J'ai 16 ans, je ne bois pas de thé, ce n'est pas mon truc. »
Puis elle a décrit une plongée brutale : « Je pense que je plonge dans quelque chose parce que j'ai une absence, un black-out total. » Au réveil, elle s'est retrouvée sur le lit du chanteur, qui reboutonnait son pantalon. Ce récit soulève donc une question plus vaste sur la complicité systémique qui a trop longtemps protégé certains prédateurs.
Flavie Flament, violée à 13 ans, dénonce une "désastreuse complicité"
Face à LCI, Flavie Flament a abordé les violences sexuelles infligées aux mineurs. Le journaliste lui a demandé si la célébration de Hamilton et Matzneff relevait de la naïveté ou de la complicité. Elle a répondu sans détour : « Une désastreuse complicité. » La quinquagénaire a également précisé avoir été « violée par David Hamilton en 1987, à l'âge de 13 ans ».
Elle a ensuite replacé les faits dans leur contexte : « À l'époque des stripteases de playmates chez Collaro, des corps objectisés, de la sexualité comme argument marketing. Du temps où la parole de l'enfant était inexistante. » Ce témoignage sans fard ouvre ainsi la voie à une réflexion cruciale sur l'impunité artistique dénoncée par Flavie Flament elle-même dans ses prises de position les plus récentes.
"Emmurées dans le silence", quand l'art devient bouclier d'impunité
France Télévisions a mis fin à l'émission de Flavie Flament après qu'elle a porté plainte contre Patrick Bruel. Or, cette animatrice n'a pas renoncé à dénoncer l'hypocrisie collective. « Comment pouvait-on regarder les photos de David Hamilton où il alignait des corps nus de gamines et les numérotait et ne pas être choqué ? », a-t-elle lancé. Elle a aussi interrogé : « Comment pouvait-on entendre Gabriel Matzneff tenir de tels propos sur les mineurs sans être scandalisés ? »
Elle a ensuite tranché : « Hamilton, Matzneff et tant d'autres ont trop longtemps été protégés, drapés dans leur impunité. » Et d'ajouter : « C'est d'autant plus insupportable pour les victimes, qui ont été emmurées dans le silence. » Toutefois, Flavie Flament a estimé que « l'époque n'est pas une excuse derrière laquelle on peut aujourd'hui s'abriter. »
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