Christine Kelly, "médiatrice entre Dieu et les hommes pour les guider vers l’extrême-droite" : Olivier Faure atterré par les propos de la journaliste

En juillet 2022, Christine Kelly se retrouvait au cœur d’une polémique qui dépassait largement le cadre de son activité de journaliste. À l’époque, la présentatrice de CNews était pourtant régulièrement décrite comme une personnalité mesurée, attachée au débat et à l’équilibre sur son plateau. Une vidéo exhumée sur les réseaux sociaux allait toutefois raviver les critiques autour de ses convictions religieuses.
Christine Kelly raconte le rôle de sa foi
Invitée à un événement organisé par une église pentecôtiste à Créteil, Christine Kelly avait accepté de revenir sur les débuts particulièrement mouvementés de Face à l’info. L’émission, lancée sur CNews avec Éric Zemmour, avait rapidement attiré l’attention et suscité son lot de controverses. Ce fut ainsi avec émotion, que la journaliste expliquait combien sa foi chrétienne l’avait aidée à traverser cette période. Elle racontait notamment s’être retrouvée « les deux genoux à terre dans les toilettes », ne sachant pas comment l’aventure allait évoluer. Puis elle citait un passage biblique : « L’Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien. »
"J’ai laissé Dieu tout piloter"
Devant les personnes présentes, Christine Kelly assumait pleinement cette dimension spirituelle de son parcours. « Je ne suis pas venue par gentillesse. Je suis venue pour témoigner de la puissance de Dieu », déclarait-elle également. Des propos qui, dans le contexte particulièrement tendu de l’époque, n’allaient évidemment pas rester sans réaction. La phrase qui allait surtout retenir l’attention était toutefois beaucoup plus simple : « J’ai laissé Dieu tout piloter. » Pour ses soutiens, il s’agissait avant tout d’un témoignage personnel et d’une manière d’expliquer comment elle avait trouvé la force de poursuivre son chemin professionnel. Pour ses détracteurs, cette déclaration devenait au contraire la preuve d’une proximité supposée entre foi chrétienne et droite radicale.
Olivier Faure s’en prend vivement à la journaliste
La polémique avait alors pris une tournure politique avec l’intervention d’Olivier Faure. Le premier secrétaire du Parti socialiste s’était montré particulièrement sévère envers la journaliste, allant jusqu’à qualifier ses propos d’« hallucinants ». « Il y a une journaliste qui pense être la médiatrice entre Dieu et les hommes pour les guider vers l’extrême droite ? », avait-il lancé. Une formule particulièrement cinglante, qui avait contribué à transformer un témoignage religieux en véritable controverse politique.
Une polémique sur la place de la religion
Au-delà du cas de Christine Kelly, cette séquence avait surtout ravivé un débat plus large sur la place de la religion dans l’espace public français. Peut-on évoquer librement sa foi sans être immédiatement soupçonné de défendre une idéologie politique ? La question s’était rapidement retrouvée au centre des échanges. Certains observateurs estimaient alors que les critiques visant Christine Kelly confondaient ses convictions personnelles avec ses opinions politiques. D’autres considéraient au contraire que son témoignage devait être analysé au regard du contexte éditorial de Face à l’info et de la présence d’Éric Zemmour à l’antenne.
Le parallèle avec les autres religions
La controverse avait également fait ressurgir la question du traitement médiatique des différentes expressions religieuses. Certains défenseurs de Christine Kelly estimaient ainsi que la foi chrétienne faisait l’objet d’une suspicion particulière lorsqu’elle était revendiquée publiquement, là où d’autres expressions religieuses pouvaient bénéficier d’une plus grande indulgence. Le débat, toutefois, dépassait largement la seule journaliste. En France, la frontière entre liberté religieuse, laïcité et expression politique demeure particulièrement sensible. En 2022, Christine Kelly en avait fait les frais de manière spectaculaire.
Une séquence toujours révélatrice
Quatre ans plus tard, cette polémique reste révélatrice des tensions qui entourent encore la question religieuse dans le débat public. Les propos de Christine Kelly n’avaient pas constitué une prise de position politique explicite : ils témoignaient avant tout de la place que la journaliste accordait à sa foi dans son parcours personnel. C’est précisément cette distinction qui avait été au cœur de la controverse. Entre ceux qui y voyaient un simple témoignage spirituel et ceux qui soupçonnaient derrière celui-ci une orientation idéologique, le débat avait rapidement dépassé la personne de Christine Kelly pour devenir une réflexion plus vaste sur la liberté de croire, de témoigner et de s’exprimer publiquement.



