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L'édito de ELLE : non, il ne suffit pas d'une journée pour juger un viol

L'édito de ELLE : non, il ne suffit pas d'une journée pour juger un viol
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Juger exige du temps. Et surtout pas une juridiction ubérisée – après le speed dating, le speed judging ?

« La fin ne justifie pas les moyens : les moyens utilisés décident de la fin », rappelle la journaliste féministe américaine Gloria Steinem dans un recueil de citations*, géniale boussole dans un monde de plus en plus réac. On enverrait bien ce livre à Gérald Darmanin, tant sa dernière proposition concernant les violences faites aux femmes paraît scandaleuse et méprisante. Selon le quotidien « L’Humanité », le ministre de la Justice aurait demandé de limiter à une seule journée d’audience, « chaque fois que le cas d’espèce le permet », les dossiers renvoyés devant les cours criminelles départementales. Or, ces juridictions composées de magistrats professionnels, créées en 2023 pour désengorger les cours d’assises, jugent à 85 % des affaires de viol. Vous avez bien lu : un viol, une journée d’audience et c’est plié. C’est méconnaître la nature même de ce crime. Les viols perpétrés par un inconnu dans un parking ou dans la rue ne constituent qu’une partie infime des plaintes. Dans la majorité des cas, le viol est un crime intime, commis par un intime – un conjoint, un parent, un ami… –, dans un lieu intime. Sans témoin. Et à la barre s’affrontent deux personnes, parole contre parole. Comprendre ce qui s’est passé nécessite de les écouter longuement, ainsi que leurs proches, de demander l’avis...

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