Adrien Taquet annonce une commission sur les violences sexuelles faites aux enfants

Le gouvernement entend mettre en place une toute nouvelle structure dédiée à l’examen des violences sexuelles sur enfants, notamment en milieu familial, afin de mieux protéger les victimes.

Le secrétaire d’État chargé de l’Enfance et des Familles, Adrien Taquet, annonce la création à l’automne d’une « commission indépendante sur les violences sexuelles faites aux enfants », dans une interview au Journal du dimanche.

Cette instance, « dotée d’un budget propre, sera composée de magistrats, de médecins, de psychologues et de sociologues », sur le modèle de celle mise en place par l’Église catholique, précise M. Taquet. Elle sera créée lors des états généraux de la protection de l’enfance, qui doivent donner lieu à des mesures avant le 20 novembre.

« Notre modèle est la commission Sauvé sur la pédocriminalité dans l’Église. Cette nouvelle instance indépendante sera centrée pour l’essentiel sur le cercle familial, qui concentre 80 % des violences, et doit d’abord nous permettre de mieux connaître le phénomène », indique-t-il. « L’inceste est le dernier des tabous. La seule étude d’ampleur, réalisée aux États-Unis, a estimé que 6 % de la population américaine en avait été victime. Transp…

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Vatican. Pour la première fois, des femmes intègrent le Conseil pour l’Économie

Six femmes ont été désignées par le pape François comme expertes laïques au sein du Conseil pour l’Economie, dont l’objectif est de superviser les structures et activités administratives et financières du Saint-Siège. C’est inédit.

Le pape François a décidé de renouveler largement le Conseil pour l’Économie du Vatican, l’organe qu’il a lui-même institué en 2014. Pour la première fois, il a fait appel à des femmes. Le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et de Freising, en reste le coordinateur, mais le souverain pontife a nommé 13 nouveaux membres sur 15, dont six cardinaux et sept experts, a-t-on appris dans un communiqué diffusé ce vendredi 7 août. C’est parmi ces experts qu’on retrouve six femmes. Elles viennent du milieu universitaire, du monde politique et de la finance. Il y a :

– deux Allemandes avec Charlotte Kreuter-Kirchhof, professeure de droit à l’Université Heinrich-Heine de Düsseldorf, et Marija Kolak, présidente de l’Association allemande des banques populaires et des caisses populaires.

– deux Espagnoles avec la présidente du conseil d’administration d’Azora Capital et d’Azora Gestion Maria Concepcion Osacar Garaicoechea, et la juriste et économiste Eva Cast…

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Âgisme, sexisme… Ce que subissent les femmes médecins ménopausées

Une récente étude britannique met l’accent sur les (nombreuses) discriminations que subissent les femmes médecins ménopausées. Une situation qui aurait pour effet malheureux d’accentuer les inégalités professionnelles. On vous explique pourquoi.

On l’a compris en suivant la lutte des soignantes contre le coronavirus : le milieu médical souffre encore de sérieuses disparités. Et ce n’est pas la dernière enquête de la British Medical Association (BMA), c’est à dire le syndicat médical officiel du Royaume-Uni, qui contredira ce funeste constat. L’association professionnelle a effectivement contacté plus de 2 000 femmes médecins afin de les interroger sur leur carrière. Résultat ? Plus de 90 % d’entre elles ont déclaré que la ménopause – et ses effets – avait affecté leur vie pro. Un verdict qui alerte, à l’heure où l’Angleterre dénombrerait pas moins de 30 000 femmes médecins âgées de 45 à 55 ans.

Aujourd’hui encore, la ménopause reste un sujet trop peu abordé. Comme un tabou. Et pourtant, les incidences de cette phase sont loin d’être anecdotiques sur le corps, la santé et l’esprit des femmes concernées. Fatigue physique, troubles du sommeil, bouffées de chaleur, perte de confiance en soi ou encore anxiété… Les maux ne manquent pas. « La ménopause est une étape normale de la vie de toutes les femmes qu’elles vivent pourtant dans le silence du tabou qui l’accompagne », s’attristait récemment Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes.

Tout cela, les femmes médecins l’éprouvent – tout comme elles bloquent également à l’idée d’en parler, nous apprend la BMA. Mais à cette charge s’en ajoute une autre, professionnelle. Si lourde d’ailleurs que ces expertes de la santé expérimentées – occupant même le poste de directrice – prendraient leur retraite plus tôt et/ou réduiraient leurs heures de travail, quitte à accepter des postes moins rémunérés… Et là encore, les raisons s’entendent.

Une double-peine ?

Quelles sont-elles au juste ? On le devine : le manque de soutien de leurs supérieurs durant cette période très spéciale, mais aussi le sexisme et l’âgisme vécus sur le lieu de travail. L’âgisme, c’est cet ensemble de préjugés – et de discriminations – ciblant un individu en fonction de son âge avancé. Une sérieuse double-peine. « Il reste très peu de femmes âgées de mon niveau (supérieur) au sein de ma profession. Et si je mentionnais mes symptômes de périménopause (les troubles annonciateurs de la ménopause, ndrl), je serais stigmatisée et l’on me manquerait de respect, comme si je n’étais plus capable ou rationnelle », déplore à ce titre l’une des voix sondées.

D’autres encore déclarent s’être senties « ridiculisées » par leurs responsables en évoquant ce sujet, perçu négativement ou simplement incompris. Autre bémol, le refus hiérarchique d’horaires plus flexibles, prenant en compte le vécu quotidien de ces professionnelles : l’institution ferait preuve d’une véritable « rigidité » niveau planning. « La ménopause m’a frappé comme une montagne russe. Je ne m’attendais pas à avoir des symptômes paralysants. J’ai résisté pendant deux ans, mais je souffrais de privation chronique de sommeil durant cette période. Parler de la ménopause en tant que médecin est encore tabou », témoigne à ce titre la radiologue Anne Carson. .

Par-delà ce manque d’empathie, le regard d’autrui et la stigmatisation qu’il implique importe beaucoup quand il est question d’évolution de carrière. Et bien qu’expérimentées, nombreuses sont les femmes médecins à ne pas supporter ce cap qu’elles doivent traverser seules. On s’en doute, de par ses conséquences concrètes sur leur vie pro, ce sentiment d’exclusion n’arrange en rien un panorama déjà touché par les inégalités salariales.

Mais aujourd’hui, la parole se libère. Un bon début puisque comme l’indique au Guardian la professeure de médecine Neena Modi, le rapport du syndicat britannique pourrait bien « inciter les employeurs à apporter un soutien approprié à leurs employées et à mettre fin aux non-dits recouvrant un processus physiologique pourtant normal ». La BMA interpelle à l’unisson les employeurs. « Nous les appelons à adopter une approche proactive sur le sujet de la ménopause, à faciliter les discussions et à s’assurer que le personnel sait quel soutien est disponible », déclare l’association.

Espérons que le message soit passé.

 

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Sexe virtuel, et si on était déjà en plein dedans?

L’impression que la grande époque du sexe virtuel est encore à venir est sans doute erronée: en réalité, tout est là.

Qu’est-ce que l’amour? Une émotion? Un sentiment? Intouchable, intangible, volatile… À travers une scénographie poétique et artistique, l’exposition «De l’amour» au Palais de la découverte apporte des réponses scientifiques précises sur cet attachement irraisonné qui nous étreint tous un jour ou l’autre. Vous allez l’aimer!

En 1993, la comédie d’action et d’anticipation Demolition Man, avec Sylvester Stallone et Wesley Snipes, prend la tête du box-office américain avant de connaître une carrière assez honorable pour sa sortie française (environ 1,8 million d’entrées entre février et mars 1994). Avec les années, le premier long-métrage de l’Italien Marco Brambilla a fini par accéder au statut de film culte. En plus du mystère des trois coquillages (enfin résolu à l’hiver 2019), une scène marque le public: celle du rapport sexuel entre les deux personnages.

La scène se passe en 2032. Ses deux protagonistes sont la policière Lenina Huxley (Sandra Bullock dans son premier rôle marquant) et son collègue John Spartan (Stallone), fraîchement décongelé après avoir été cryogénisé en 1996. Après quelques rapprochements relativement orthodoxes, de l’ordre de la parade …

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« Les CRS ont levé la matraque gratuitement sous nos yeux » : il y a 40 ans, la révolte de Plogoff

Face au refus de l’enquête d’utilité publique nécessaire au projet de centrale, l’État envoie plus de 500 gendarmes mobiles et parachutistes à Plogoff et des CRS à Quimper. Utilisation de grenades interdites et de canons à eau, coups et blessures en garde à vue et journalistes volontairement visés… Pendant six semaines, le déploiement policier est énorme et la répression violente. Plongée dans les archives de janvier à mai 1980. Dernier volet de notre série sur la révolte de Plogoff.

C’est d’abord la violence d’une situation, une situation tragique où la liberté de s’exprimer, d’être là, constitue un délit, où la voix de Plogoff est couverte par le cliquetis de la force publique ». Le 8 mars 1980 dans Ouest-France, le journaliste Guy de Lignière pointe du doigt la violence de l’État contre les manifestants de Plogoff (Finistère), qui luttent contre l’implantation d’une centrale nucléaire, à quelques kilomètres de la Pointe du Raz.

Après le choc pétrolier de 1973, la France a en effet accéléré son programme nucléaire et envisage alors de construire plus de 200 centrales d’ici l’an 2000. Annoncé en 1975, le projet d’une nouvelle centrale en Bretagne est alors accueilli par un mou…

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