La guerre civile grecque par le clan Gavras: histoire d’une omerta internationale

Au printemps 2023, Julie Gavras développe un épisode de l’émission Le dessous des cartes pour Arte, intitulé «Grèce: la fragile de l’UE». Elle prend alors conscience de ne quasiment rien connaître de la dramatique guerre civile qui a ravagé le pays à peine sorti de la Seconde Guerre mondiale («alors que je suis à moitié grecque», précise-t-elle).
Mais elle s’aperçoit rapidement que peu de gens en savent plus: la majorité des personnes auprès desquelles elle évoque la tragédie qui a déchiré le pays de 1944 à 1949 «confond avec la dictature des colonels» (1967-74). Celle-là même que son père, Costa-Gavras, a choisi de mettre en scène en 1969 pour Z, qui lui valut l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.
Si ses grands-parents, Costa (né en 1933) et les frères cadets de ce dernier ont vécu ces terribles années, ils n’y ont que rarement et superficiellement fait allusion devant elle.
Dans un contexte historique, l’événement est souvent résumé à son rôle de laboratoire de la Guerre froide. Pour la scénariste et réalisatrice des films La faute à Fidel!, Trois fois 20 ans ou du documentaire Les bonnes conditions, la guerre civile grecque est indissociable d’une anecdote familiale. «Je sais juste que mon grand-père communiste, Panayotis, père de Costa, a été sauvé par son frère royaliste.» Sans plus de détails.
L’été dernier, la tribu Gavras se retrouve en Grèce pour les vacances.…


