Coronavirus. Une « étrange pneumonie » circulait déjà en Italie en novembre

Pour le Dr Giuseppe Remuzzi, le Covid-19 pourrait avoir été présent dans l’Italie du Nord avant même que l’épidémie ne se déclare en Chine, en novembre 2019.

Dans une interview accordée à NPR, le réseau de radios publiques des États-Unis, un expert médical italien affirme qu’une étrange pneumoniesévissait dès novembre 2019 dans le nord de l’Italie. [Les médecins généralistes] se souviennent avoir vu des cas de pneumonie très étranges, très graves, surtout chez des patients âgés, en décembre et même en novembre », précise le Dr Giuseppe Remuzzi, directeur de l’Institut de recherche pharmacologique de Milan.

Le pharmacologue précise dans l’interview avoir seulement récemment entendu des échos de la part des médecins italiens. Cela signifie que le virus circulait, du moins en Lombardie, avant que nous ne soyons au courant de l’apparition [du Covid-19] en Chine »,souligne Giuseppe Remuzzi.

À la recherche du « patient zéro »

En Chine également, l’apparition de cas à partir du 17 novembre 2019 a été révélée par le South China Morning Post . Bien avant donc le 8 janvier, date à laquelle les autorités chinoises parlent pour la première fois du nouveau coronavirus.

En Italie, les premiers ca…

Lire la suite

Coronavirus : l’Inde veut confiner 1,3 milliard de personnes

Le pays où il y a la plus forte densité de population au monde peut-il réussir à instaurer un confinement pour lutter contre le coronavirus ? En Inde, la situation est plus que délicate, avec parfois des violences policières.

New Delhi, en Inde, est une ville désertée par ses 25 millions d’habitants. Et c’est la même chose dans tout le pays, à Calcutta ou encore Bombay. Pour arriver à ce résultat, les autorités indiennes ont utilisé la manière forte en mettant en place un peu partout des barrages de police. Les contrevenants risquent un an de prison. Mais les policiers préfèrent souvent une sanction… plus immédiate. Des amateurs ont filmé des dizaines de scènes similaires aux quatre coins du pays : des coups de matraque pour ceux qui refusent le confinement.

Marquer les maisons et immeubles où il y a des cas potentiels de coronavirus

Parfois, les fautifs sont aussi humiliés, forcés à se plier en deux ou avancer accroupis. Ces violences policières sont bien sûr complètement illégales. Les policiers ont également une autre mission : marquer les maisons ou les immeubles où il y a des cas potentiels de coronavirus. Officiellement, le confinement en Inde devrait prendre fin le 15 avril, mais les autorités ont laissé entendre qu’il pourrait être prolongé.

Lire la suite

L’Espagne arrête ses activités économiques non essentielles pour limiter la propagation du Covid-19

EPIDEMIE – Deuxième pays le plus touché au monde en termes de décès, l’Espagne a décidé de suspendre ses activités de production de biens et de services non essentiels, a décidé le gouvernement socialiste, samedi 28 mars.

Au tour de l'Espagne. Le chef du gouvernement Pedro Sanchez a décidé, samedi 28 mars, de suspendre toutes les activités non essentielles : « Tous les salariés des activités non essentielles devront rester chez eux durant les deux prochaines semaines », soit jusqu'au 9 avril. Parmi les travailleurs toujours autorisés à travailler, on compte notamment ceux de la santé, de l'alimentation ou de l'énergie, a-t-il été décidé à l'occasion d'un conseil des ministres extraordinaire.
Avec cette mesure, le gouvernement socialiste espère réduire un peu plus la mobilité de ses concitoyens et, ainsi, freiner la propagation du virus. Avant ce durcissement, les Espagnols étaient déjà soumis un confinement des plus stricts depuis la mi-mars, et prolongé d'ores et déjà jusqu'au 11 avril. Il leur était ainsi de sortir, même pour une promenade, ce qui est encore autorisé en France. Seuls le travail, l'achat de nourriture, un rendez-vous médical ou une sortie rapide du chien étaient des motifs autorisés pour sortir.

Les salariés (…)

Lire la suite

Coronavirus : Donald Trump met la pression aux industriels

Plus de 100 000 cas ont été recensés aux États-Unis, pays le plus atteint par la pandémie de coronavirus. Le journaliste Loïc de La Mornais, envoyé spécial de France Télévisions à Washington, fait le point sur la situation.

Comment Donald Trump gère-t-il l’épidémie de coronavirus Covid-19 qui sévit maintenant dans son pays ? « Le problème c’est qu’il n’y a pas de cas clairs au sommet de l’État américain. Il faut être honnête, Donald Trump semble enfin avoir pris la mesure de la catastrophe et il vient d’ordonner aux grands industriels comme Ford ou General Motors de produire en urgence des ventilateurs, mais il n’y a pas de confinement général prononcé aux États-Unis. Le problème, c’est que ce sont les gouverneurs des États qui sont chacun dans leur coin et ils font un peu ce qu’ils veulent », analyse le journaliste Loïc de La Mornais, envoyé spécial de France Télévisions à Washington, samedi 28 mars.

La moitié des Etats ne sont pas confinés

« Certaines zones très touchées, comme New York, qui représente la moitié ou le tiers des cas, ou encore la Californie, ont appliqué des mesures de confinement aussi sévères qu’en France. Mais il y a d’autres États, environ la moitié du pays, comme le Texas ou la Floride, où il n’y a quasiment pas de mesure de confinement », poursuit Loïc de La Mornais.

Lire la suite

Coronavirus: plus de 10.000 morts en Italie, Trump songe à isoler New York

Rome (AFP) – Par centaines, le terrible décompte des morts du nouveau coronavirus a continué de s’alourdir samedi en Europe, particulièrement en Italie et en Espagne, mais la pandémie avance aussi à grande vitesse aux Etats-Unis, où Donald Trump envisage un placement en quarantaine de New York.

« Certains aimeraient que (l’Etat de) New York soit placé en quarantaine parce que c’est un point chaud », a déclaré le président américain. »New York, New Jersey, peut-être un ou deux autres endroits, certaines parties du Connecticut, j’y réfléchis », a-t-il ajouté, promettant une décision très rapide.

L’Etat de New York concentre près de la moitié des 115.000 cas de Covid-19 dans le pays, le chiffre le plus élevé au monde.Le virus y a tué près de 1.900 personnes, avec un bond de 450 décès en une journée.

Faute de vaccin ou de traitement éprouvé, plus de trois milliards de personnes restent confinées de gré ou de force dans le monde, contraints de rester chez eux, de télétravailler, lorsqu’ils n’ont pas tout simplement perdu leur moyen de subsistance.

La pandémie a déjà fait plus de 30.000 victimes, les deux tiers en Europe, continent le plus durement touché.Avec respectivement 10.023 (+889 en 24 heures) et 5.690 morts (+832), l’Italie et l’Espagne sont les deux pays du monde les plus endeuillés, et concentrent à eux seuls près des trois quarts des décès européens.

En France, ce sont 319 décès supplémentaires en 24 heures qui ont été annoncés, pour un bilan de 2.314 morts depuis le début de l’épidémie.

– Lueurs d’espoir –

Devant cette aggravation du nombre de morts, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a annoncé l’arrêt de toutes les activités économiques « non essentielles » durant deux semaines.

La contagion poursuit son lent ralentissement en Italie. »Dans tous les services d’urgences, on enregistre une réduction (des arrivées de patients).Dans quelques-uns, elle est légère, dans d’autres plus marquée », a déclaré Giulio Gallera, le responsable de la santé en Lombardie, la région la plus touchée, dans le nord du pays.

Le Royaume-Uni, où le prince Charles, héritier de la couronne, ainsi que le Premier ministre Boris Johnson sont contaminés, a dépassé lui la barre des 1.000 morts, avec 260 nouveaux décès en une seule journée, selon un bilan officiel publié samedi.

Lueur d’espoir, la ville chinoise de Wuhan, où l’épidémie s’est déclarée en décembre, se rouvrait progressivement samedi après plus de deux mois d’isolement quasi-total, avec l’arrivée du premier train de voyageurs autorisé depuis le confinement.

« Elle s’est précipitée vers son père, je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer », a raconté à l’AFP une passagère de 36 ans, habitante de Wuhan, qui avec sa fille a retrouvé son mari, dont elles étaient séparées depuis dix semaines.

– Pénuries d’équipement –

A New York, comme dans de nombreux endroits du monde, les médecins et personnels soignants sont considérés comme des héros, en première ligne de cette « guerre » contre la pandémie.

Mais ils sont confrontés à une pénurie d’équipements. »Il y a à la fois un sentiment de désespoir et de solidarité entre nous.Tout le monde a peur, on essaie de s’épauler », a confié à l’AFP Diana Torres, 33 ans, infirmière en rééducation intensive dans un hôpital de la capitale économique des Etats-Unis.

Ils étaient quelques-uns samedi à manifester devant un hôpital du Bronx.

« Nous risquons nos vies pour sauver la votre », disait un panneau brandi par une infirmière, assorti du mot-clé « #PPENow », pour « personal protective equipment » (PPE), les masques, lunettes, gants ou tabliers nécessaires aux personnels en contact avec des patients infectés.

Cette pénurie alarmante a conduit Donald Trump à user de pouvoirs exécutifs spéciaux pour contraindre la firme automobile General Motors à produire des respirateurs artificiels indispensables à l’hospitalisation des malades les plus graves du Covid-19.

En France, le gouvernement a annoncé samedi avoir placé une commande massive d’un milliard de masques de protection, importés notamment de Chine.

« Un pont aérien étroit et intensif entre la France et la Chine a été mis en place de manière à faciliter les entrées des masques sur notre territoire », a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a prévenu que le manque d’équipements de protection pour les personnels soignants représentait une « menace imminente » dans la lutte contre la pandémie.

La Russie, dernier grand pays à n’avoir encore pris aucune mesure de confinement généralisé, a annoncé samedi qu’elle allait fermer ses frontières à partir de lundi.Elle a déjà fermé samedi ses restaurants et la plupart de ses commerces avant une semaine chômée.

– « Survivre » –

Dans les pays les plus pauvres, notamment en Afrique subsaharienne, où les restrictions de déplacement compromettent les moyens de subsistance de populations vivant souvent au jour le jour, le confinement ne va pas de soi.

Ainsi à Lagos, capitale économique du Nigeria et ville la plus peuplée du continent, où les autorités se contentent pour le moment de fermer écoles, lieux publics, bars et marchés non alimentaires, et de dispenser des conseils de rester chez soi, les règles élémentaires de « distanciation sociale » s’avèrent problématiques.

« D’ici lundi, mardi, dans quelques jours, tout le monde va ressortir de chez lui et faire ce qu’il à faire pour survivre », prédit Rotimi Oyedepo, vendeur de produits chimiques qui a dû fermer son échoppe sur ordre de la police.

– Sommes astronomiques –

Face à l’autre catastrophe, économique, qui se profile, la communauté internationale tente de mobiliser des sommes astronomiques.

Outre les 2.000 milliards annoncés par les Etats-Unis, les pays du G20 ont promis cette semaine d’injecter 5.000 milliards de dollars pour soutenir l’économie mondiale. 

L’Union européenne a elle renvoyé à dans deux semaines des « mesures fortes » contre le coronavirus, s’attirant la colère de l’Italie et de l’Espagne.

« Nous ne surmonterons pas cette crise sans une solidarité européenne forte, au niveau sanitaire et budgétaire », a souligné samedi le président français Emmanuel Macron à trois journaux italiens, appelant à lancer des emprunts communs à toute l’UE, ce à quoi l’Allemagne s’oppose totalement. 

burs-thm/hr/sdu