Covid-19 : bientôt la fin du masque obligatoire à l’extérieur ?

Après les Yvelines, la justice a suspendu, jeudi 13 janvier 2022, l’obligation du port du masque à l’extérieur à Paris. Des décisions qui pourraient faire effet boule de neige.

Si vous résidez à Paris, vous pouvez vous balader sans masque à l’extérieur dès ce vendredi 14 janvier 2022. Le tribunal administratif a en effet suspendu, la veille au soir, l’arrêté préfectoral rendant le port du masque obligatoire. Une décision qui divise les passants rencontrés par France 2. “Je trouve que lorsqu’il y a du monde, c’est plus sécurisant de le porter”, explique une riveraine. Une autre soutient au contraire la décision de justice, estimant qu’il “n’y a pas de contaminations en extérieur”.

“Il n’y a pas de logique à porter le masque en extérieur”

Le tribunal considère que l’obligation du port du masque à l’extérieur n’est pas nécessaire et qu’elle est disproportionnée. Est-ce le début d’une longue série de suspensions ? La même décision a été prise jeudi dans les Yvelines. Un infectiologue estime que cette obligation ne se justifie pas : “Il n’y a pas de logique à porter le masque en extérieur”, argue le docteur Benjamin Davido. La préfecture de police de Paris doit désormais réfléchir à une nouvelle version de son arrêté, pour définir les zones à forte densité, où le masque devrait rester obligatoire.

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Blanquer à Ibiza en pleine crise sanitaire: des vacances qui ne passent pas

Paris (AFP) – Des vacances qui ne passent pas: la révélation par Mediapart du séjour à Ibiza de Jean-Michel Blanquer juste avant la rentrée de janvier, alors que se décidait le protocole sanitaire dans les écoles, fragilise le ministre de l’Education déjà mis à mal par une grève très suivie.

L’annonce de ce nouveau protocole, la veille de la rentrée dans le quotidien Le Parisien, avait suscité l’exaspération des enseignants.Ils déploraient d’avoir été informés tardivement et par voie de presse, en pleine inquiétude suscitée par la vague Omicron.

La désorganisation engendrée ensuite dans les écoles, avec des élèves devant multiplier les tests et des directeurs croulant sous les tâches administratives, puis l’allègement de ce protocole à plusieurs reprises, avaient entraîné un sentiment de ras-le-bol chez les enseignants et autres personnels de l’éducation.S’en est suivie une grève d’ampleur le 13 janvier.

Mediapart a révélé lundi soir que le ministre se trouvait à Ibiza lorsqu’il a annoncé ce protocole controversé, une information confirmée par le ministère. 

« C’est terrible.Ca creuse encore plus le fossé qui existait déjà avec le ministre et ses personnels », a réagi auprès de l’AFP Guislaine David, secrétaire générale du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire. 

« Pendant que lui était à Ibiza, les directeurs et directrices d’écoles recevaient des mails de parents dont l’enfant avait le Covid et qui ne savaient pas comment ils allaient faire le lendemain.Et des mails de collègues qui étaient positifs au Covid », a-t-elle ajouté. »On n’avait pas de protocole qui avait été anticipé ».

C’est « le symbole d’une grande désinvolture et d’une grande légèreté », renchérit Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du second degré (collèges, lycées). 

Pour Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, « cette révélation est l’illustration de la distance et du décalage du ministre avec la réalité sanitaire ». 

– « Dilettantisme » –

Les révélations de Mediapart interviennent avant une nouvelle journée de mobilisation et de grève dans les établissements scolaires jeudi, à l’appel de plusieurs syndicats, pour demander notamment « des réponses fortes » face au « chaos » engendré par la crise du Covid.

« Il y a vraiment une perte de légitimité et de crédibilité de ce ministre », qui « n’est plus digne de sa fonction », estime Guislaine David. »Il va falloir calmer la colère des enseignants ».

Du côté de la classe politique, la gauche réclame à nouveau la démission du ministre.

« Trop c’est trop.Jean-Michel Blanquer doit démissionner », a réagi la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale Mathilde Panot dans un tweet.

Le candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot a évoqué un « niveau de mépris et d’irresponsabilité (qui) n’est pas acceptable ». « Le problème ce n’est pas Ibiza, c’est le dilettantisme de ce ministre », « son improvisation, son impréparation », a-t-il estimé.

A droite, Othman Nasrou, vice-président de la Région Île-de-France et porte-parole de la candidate LR à la présidentielle Valérie Pécresse, qui avait demandé un report de la rentrée de janvier, a appelé le ministre à « s’expliquer sur les circonstances et les raisons de ce fiasco ».

Face à ces réactions, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal s’est contenté d’assurer que le ministre se trouvait « à sa tâche ». »Il y a une règle qui est fixée pour le gouvernement s’agissant des vacances: il faut être joignable en permanence, à sa tâche.Je n’ai aucune raison de penser que ce n’était pas le cas de M. Blanquer », a-t-il souligné. 

« Je rappelle que si le protocole sanitaire a été présenté tardivement, c’est que les recommandations du Haut conseil à la santé publique (HCSP) sont arrivées le 31 décembre au soir », a-t-il ajouté.

Mortalité en baisse, natalité en hausse: la démographie en 2021 moins affectée par le Covid

Paris (AFP) – Les conséquences démographiques de la crise sanitaire ont été moins marquées en 2021 qu’en 2020, selon un bilan publié mardi par l’Insee: la mortalité, bien qu’encore anormalement élevée, a baissé et la natalité, malgré un « effet Covid » en début d’année, a légèrement remonté.

Conséquence de cette double évolution: le solde naturel, qui avait atteint un plus bas historique l’an dernier (à +66.000), s’est légèrement repris, à +81.000.Egalement portée par le solde migratoire (+140.000), la population française a donc augmenté de 0,3% en un an, pour atteindre 67,8 millions d’habitants début 2022, selon l’institut d’études statistiques.

En 2021, environ 657.000 personnes sont décédées en France, selon des estimations arrêtées fin novembre: « c’est 12.000 de moins qu’en 2020 (–1,8%), mais nettement plus qu’en 2019, avant la pandémie (+44.000, soit +7,1%) », note l’Insee.

En tenant compte du vieillissement de la population (qui conduit logiquement à une hausse des décès, même sans le Covid), mais aussi à l’inverse aux progrès de la médecine qui font baisser la probabilité de mourir à un âge donné, les démographes de l’institut public estiment que l’épidémie de Covid s’est traduite en 2021 par 35.000 décès supplémentaires, par rapport à ce qui était attendu d’un point de vue statistique.En 2020, cet excédent était de 47.000.

Cette amélioration a entraîné une légère remontée de l’espérance de vie à la naissance, qui atteint 85,4 ans pour les femmes (+0,3) et 79,3 ans pour les hommes (+0,2), sans retrouver toutefois son niveau d’avant la pandémie.

De son côté la natalité, qui en 2020 avait atteint un plus bas historique – sans rapport avec le Covid -, a d’abord nettement chuté début 2021, neuf mois après le premier confinement: la crise sanitaire et ses incertitudes économiques « ont pu décourager les couples de procréer au printemps 2020 » et les inciter à « reporter leurs projets de parentalité », relève l’Insee: cela s’est traduit par un décrochage de 10% des naissances entre mi-décembre 2020 et mi-février 2021, par rapport à la même période un an auparavant.

Cependant, le nombre des naissances a ensuite connu un rebond en mars et avril, puis une « forte remontée » depuis l’été, ce qui au final, sur l’ensemble de 2021, a permis de « rattraper le niveau des naissances de l’année 2020, en le dépassant même légèrement », note l’Insee: 738.000 bébés sont nés en 2021, soit 3.000 de plus que l’année précédente (+0,4%), mettant fin à une baisse continue entre 2015 et 2020.

Covid: Omicron, l’optimisme après la crainte

Paris (AFP) – La France en a-t-elle bientôt fini avec la cinquième vague de l’épidémie de Covid?C’est ce qu’espèrent le gouvernement et les scientifiques, que la légère amélioration des chiffres rend prudemment optimistes. 

« On a des raisons d’être optimistes », a jugé mardi sur CNews le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, en s’appuyant sur « les déclarations d’un certain nombre de scientifiques » ces derniers jours.

Ces espoirs se fondent d’abord sur un tassement du nombre de cas quotidiens, qui laisse entrevoir le pic de cette vague due au variant Omicron.

Le nombre de contaminations est toujours très élevé (plus de 295.000 cas quotidiens en moyenne sur les sept derniers jours) mais monte moins vite: il a augmenté de 10% pendant la semaine écoulée, contre 60% pendant la précédente.

« On voit que la vague Delta a vraiment régressé, que la circulation tend à ralentir, et que dans les régions où la vague Omicron a démarré en premier, notamment en Ile-de-France, il y a ce qui semble être le début d’une décrue », a commenté M. Attal.

– Moins de réas –

« Le scénario du pire s’éloigne, la décrue a commencé, le pic des infections a été passé ces jours-ci (…) en Île-de-France » et « ce sera un petit peu plus tard pour les autres régions françaises », a relevé, lundi sur France Inter, l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique qui guide le gouvernement.

Selon les projections, « le nombre d’infections va décroître considérablement pendant le mois de février, et au mois de mars on devrait être à un niveau très bas ».

Cela tient « en partie au comportement des Français », qui ont fait « un effort collectif » en janvier pour limiter leurs contacts, selon le Pr Fontanet.Le gouvernement, lui, veut continuer à pousser les gens à se faire vacciner, avec l’instauration prochaine du pass vaccinal.

Autre motif d’optimisme: la situation à l’hôpital, en particulier dans les services de soins critiques, qui accueillent les malades les plus gravement atteints.

« On voit que dans nos services de réanimation, la situation s’est stabilisée, la tension n’augmente plus », même s' »il faut évidemment rester vigilants », a poursuivi M. Attal.

Ces derniers jours, le nombre de malades du Covid en soins critiques est stable, autour de 3.900.C’est moins que lors des pics de la première, deuxième puis troisième vagues (7.000, 5.000 et 6.000).

C’est vraisemblablement lié aux caractéristiques d’Omicron, jugent les spécialistes.

Ce variant est plus transmissible que Delta, mais semble occasionner moins de formes graves de la maladie (sans qu’on sache à quel point c’est dû à ses caractéristiques ou au fait que la population est déjà en partie immunisée par la vaccination ou de précédentes infections).

Conséquence: Omicron sature moins les réanimations, puisqu’il provoque des formes moins graves, tout en pesant lourdement sur les lits d’hôpitaux en général (quelque 25.000 malades du Covid sont actuellement hospitalisés au total).

– Montagnes russes –

« C’est ce qui s’est passé au Royaume-Uni, c’est ce qu’on voit probablement (actuellement): c’est Delta qui faisait rentrer en réa, pas Omicron », a analysé l’infectiologue Eric Caumes mardi sur RMC.

Pour autant, vu le niveau de contagiosité d’Omicron, « on peut s’attendre à ce que les hôpitaux restent très sollicités tout le courant du mois de février », a prévenu le Pr Fontanet.

« On est encore sur une mer très houleuse » à l’hôpital, a également relativisé dans Libération le directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch.D’autant plus qu' »il y a de l’épuisement » chez les soignants.

Surtout, même si l’amélioration actuelle se confirme, « on n’a pas de preuve pour dire que cette vague de Covid sera la dernière », a insisté dimanche dans le JDD l’épidémiologiste Vittoria Colizza.

Car l’arrivée d’un nouveau variant pourrait donner le départ d’un nouveau tour de montagnes russes.Même si les spécialistes espèrent que l’immunité acquise par la vaccination et les infections passées limiterait l’impact d’une éventuelle nouvelle vague.

Paris retrouve sa poste rue du Louvre, mais plus 24 heures sur 24

Paris (AFP) – L’emblématique poste de la rue du Louvre, au coeur de Paris, rouvre mardi après six ans d’une spectaculaire rénovation qui fait la part belle au numérique, mais on ne pourra plus comme avant poster une lettre urgente 24 heures sur 24, et le courrier ne partira pas plus tard.

L’immense bâtiment, achevé en 1888, couvre tout un pâté de maisons à deux pas des Halles.Derrière sa fière façade de pierre se cache un fleuron de l’architecture industrielle de la fin du XIXe siècle, avec notamment une armature métallique que la restauration a magnifiée.

« Ce qui nous a guidé, c’est évidemment le patrimoine », a expliqué l’architecte Dominique Perrault, choisi en 2012 pour restructurer les lieux, lors d’une brève cérémonie d’inauguration la semaine dernière.

« Le baron Haussmann (qui a transformé Paris sous le Second Empire, ndlr) ne voyait pas d’un oeil ravi l’apparition d’une usine proche du Louvre et l’architecte Julien Guadet a apporté une réponse tout à fait extraordinaire: il a monumentalisé l’usine de l’époque, il lui a donné une dimension tout à fait urbaine, tout à fait exceptionnelle », a-t-il raconté, estimant que l’édifice rappelait plutôt les immeubles du sud de Manhattan, à New York.

« Cet héritage, nous avons voulu le protéger, mais aussi l’intégrer, l’insérer, le projeter (…) dans l’avenir, afin d’y accueillir non seulement La Poste, mais aussi d’autres usages », a-t-il expliqué.

Le centre de tri qu’accueillait le bâtiment –une véritable usine– est depuis longtemps parti en banlieue, et les quantités de lettres transportées ont fondu.Le groupe public, toujours propriétaire des lieux, a donc trouvé des locataires, qui lui permettront d’occuper l’espace et d’amortir les 150 millions d’euros qu’a coûté le chantier.

« La Poste du Louvre est un lieu emblématique de la capacité de notre groupe à se transformer », décrit le PDG de La Poste Philippe Wahl.

– Dernière levée à 18H00 –

Un hôtel de luxe a déjà ouvert ses portes.Appelé « Madame Rêve », il ouvrira au printemps un bar offrant une vue imprenable sur le centre de Paris, installé sur le toit arboré.Le programme immobilier comprend aussi des logements sociaux, un commissariat, des bureaux, une halte-garderie et treize commerces thématiques, que La Poste veut « conceptuels ».

L’immeuble se déploie désormais sur neuf niveaux pour un total de 32.000 m2 de surface de plancher, tandis que la cour centrale est devenue un patio ouvert sur les rues adjacentes.

La Poste va y reloger la partie banque privée de La Banque Postale, et aménage pour Colissimo un vaste espace dédié à la logistique urbaine, au sous-sol où étaient installées les écuries jusqu’en 1908.

« Les colis vont arriver en véhicule électrique et repartir à vélo » pour être distribués dans quatre arrondissements parisiens, note Nicolas Fournel, directeur de projets à Poste Immo.

Et puis, bien sûr, il y a le retour du bureau de poste, qui était fermé depuis 2015.Il est resté dans la mémoire des Parisiens qui s’y précipitaient pour envoyer leur déclaration d’impôt au dernier moment, le cachet de la poste faisant foi.

« Après six années de travaux, nous renouons avec la tradition d’une poste très accessible.Nous sommes sur une combinaison du patrimonial et de la modernité », insiste Nathalie Collin, directrice du réseau et du numérique.

Le décor des années 1960 a disparu pour faire place à un espace très contemporain, lumineux, ouvert tant sur la rue que sur la cour intérieure.Cette restauration radicale a néanmoins permis de retrouver les peintures originales du plafond.

Les traditionnels guichets ont disparu, à l’exception d’un unique bureau au fond, près de la vitrine philatélique.A leur place, des bornes de vente et des écrans multimédia attendent les clients, de même qu’une vénérable estafette Citroën, transformée en mini-salle d’examen pour passer le code de la route.

« Des chargés de clientèle vont être au plus près des clients (…) en se déplaçant avec leur smartphone pour répondre à leurs besoins », explique la directrice du bureau Linda Prince. 

Le bureau ne sera plus ouvert 24 heures sur 24, mais de 08H00 à minuit du lundi au samedi, et de 10H00 à minuit le dimanche.Mais la dernière levée est à 18H00, comme dans les autres postes parisiennes.