Réflexion faite : la violence comme acte politique ?

Des  quot;gilets jaunes quot;  agrave; Calais (Pas-de-Calais), le 23 novembre 2018. nbsp; (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)
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Depuis quelques semaines, les violences ont pris le pas sur le dialogue parmi les "gilets jaunes". Que cache-t-elle ? Alexandre Lacroix, directeur de la rédaction de Philosophie Magazine, tente d'y répondre.

Le directeur de la rédaction de Philosophie Magazine, Alexandre Lacroix, revient sur les dernières violences causées par les "gilets jaunes" notamment dans les grandes villes. Pourquoi fait-elle son apparition maintenant ? "Il faut savoir que la grande promesse de la démocratie parlementaire, c'est de contenir les passions, parmi elles la colère, la haine, le ressentiment, mais aussi l'héroïsme, en donnant à chacun la possibilité d'exprimer sa voix... c'est ce grand tableau d'une pacification des passions politiques par la discussion rationnelle qui est en train de se fissurer devant nous. La colère n'est plus contenue", précise-t-il.

La violence, réaction spontanée ?

Un philosophe contemporain avait d'ailleurs presque prédit ce genre de crise. "Oui le philosophe allemand Peter Sloterdijk expliquait qu'être ouvrier, c'est être un statut. Être un perdant c'est juste recevoir une humiliation. Et quelle est la réaction spontanée ? C'est la colère. Il explique que la colère dans les démocraties s'exprimera par les émeutes violentes et le terrorisme", analyse Alexandre Lacroix.
La colère contre l'élite ? "C'est encore plus profond. Les "gilets jaunes" en colère se révoltent contre les règles du jeu elles-mêmes. Ils (...)

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