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Alice Guy, la réalisatrice qui ne méritait pas d’être coupée au montage de l’histoire

Alice Guy, la réalisatrice qui ne méritait pas d’être coupée au montage de l’histoire
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Tout projectionniste de cinéma digne de ce nom vous le dira: il y a certaines «péloches» dont on perd la trace. Dans les années 1930, on utilisait surtout des pellicules 35 mm en nitrate de cellulose mais, extrêmement inflammables, elles causaient des incendies ravageurs. La plupart des films de la 20th Century Fox sont ainsi dévorés par les flammes en juillet 1937…

Après que plusieurs salles de cinéma ont été réduites en cendres, les supports en nitrocellulose sont interdits en 1953. C’est au tour de la pellicule acétate de prendre le relais, mais elle se décompose au bout de quelques années, dégageant une inquiétante odeur de vinaigre. Si les conditions de conservation du film ne sont pas optimales, on ne retrouve au fond de la boîte qu’un film poreux et desséché –toutes les images ont disparu. En conséquence, la majorité des films muets le resteront à jamais. On estime que 90% des films tournés avant 1929 ont disparu.

Au pays des merveilles

La cinéaste française Alice Guy a subi le même traitement. Elle n’a pas pris feu, mais son incroyable destinée a été effacée des mémoires comme des écrans. Il n’en reste aujourd’hui que de brèves mentions dans les dictionnaires spécialisés et dans quelques (trop rares) documentaires.

Pourtant, sa vie de réalisatrice commence comme dans un film. En 1894, elle est engagée comme secrétaire au service d’une compagnie parisienne qui distribue du…

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