Problèmes de couple : quand commencer une thérapie ?

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De la petite dispute du quotidien aux problèmes de couples plus profonds, il y a un monde. Mais lorsque l'on a la tête dans le guidon, difficile de faire la part des choses. Alors, quand est-ce le bon moment pour entamer une thérapie ? Faut-il y aller forcement accompagné ? Réponses, avec Virginie Ferrara, psychologue et spécialiste en thérapie de couple.

De la petite dispute du quotidien aux problèmes de couples plus profonds, il y a un monde. Mais lorsque l'on a la tête dans le guidon, difficile de faire la part des choses. Alors, quand est-ce le bon moment pour entamer une thérapie ? Faut-il y aller forcement accompagné ? Réponses, avec Virginie Ferrara, psychologue et spécialiste en thérapie de couple."Qu'est-ce qui vous amène ?"

Lorsque l'on démarre une thérapie de couple, c'est que le lien entre les deux personnes est malade. C'est le symptôme que l'on voit, qu'il va falloir traiter, en cherchant à comprendre d'où il vient. Comme l'explique Virginie Ferrara, thérapeute de couple, un premier entretien commence toujours par cette même question : "Qu'est ce qui vous amène ?"

Si les réponses des deux parties sont généralement sensiblement les mêmes, c'est après que les différences apparaissent, et que l'on entre au coeur des problèmes.

Les projections, les souffrances, les incompréhensions, les non-dits, les attentes non satisfaites, les visions, ne sont pas forcement les mêmes, et c'est justement là que la spécialiste du couple intervient et peut être d'une aide précieuse. 

Le couple se retrouve dans une impasse

La communication au sein du couple n'est plus possible, les deux personnes se retrouvent dans une impasse affective, émotionnelle et les deux ressentent une réelle impuissance face à cette situation qui s'est installée, parfois depuis un moment. Une infidélité, une incompréhension, une lassitude ou un évènement particulier peuvent en être à l'origine.

Le couple est en souffrance, les deux partenaires de vie sont dans une incapacité à communiquer, qui amène une violence verbale. Cette violence verbale est un cercle vicieux : un rien relance les conflits, le quotidien n'est plus vivable, et il est temps d'agir et de régler ce problème de communication. La thérapeute de couple va alors servir de médiatrice, pour la reprise du dialogue.

L'autre s'enferme dans un mutisme

L'une des deux personnes est en quête de communication, et à force de ne pas avoir de réponses, se met à harceler le partenaire, en revenant à la charge tous les jours.

L'autre se renferme alors dans un mutisme, dans les non-dits. La personne en demande de communication est usée, n'en peux plus, se retrouve face à un mur. Là les deux solutions qui s'offrent à eux sont soit une thérapie pour renouer le dialogue, soit la rupture, qui sera inévitable si l'autre s'enferme définitivement dans un mutisme.

Certes, la thérapie de couple peut être interprétée comme une forme de chantage par la personne qui ne souhaite pas parler, mais il s'agit parfois du seul moyen d'avancer dans une telle situation.

Le simple fait dans ce cas là de reconnaître qu'il faut se faire aider peut débloquer la situation, faire prendre conscience à l'autre qu'il y a des attentes non satisfaites.

On s'aime peut être encore mais...

Une thérapie de couple s'adresse généralement à des personnes qui pensent qu'il y a encore quelque chose à sauver, mais on ne sait pas si c'est possible en réalité, et difficile de savoir si les sentiments sont encore présents, ou si il s'agit plus d'une habitude.

La spécialiste amène alors à se poser la question essentielle "Où en sommes-nous par rapport à nos sentiments ?".

L'un a négligé la relation, une routine s'est installée, un épuisement gagne le couple, on arrive plus à avancer malgré les efforts que l'on fait, mais on souhaite poursuivre ensemble, si cela est possible. Là, il y a la volonté d'arriver à progresser, ou du moins de faire le point, mais une aide extérieure est nécessaire. 

La thérapeute va alors amener le couple  à s'interroger sur le pourquoi de ce désinvestissement affectif, est-ce que la rupture est inévitable ? Serait-ce la meilleure décision pour ces deux personnes qui se sont aimées ?

On met à plat la relation, on fait le point, on amène un questionnement sur soi, sur l'autre. La communication permet d'écouter les besoins et attentes de l'autre, mais surtout ses propres besoins et ses propres attentes. Sommes-nous heureux ensemble ? Est-ce qu'on ne s'oublie pas un peu ? Où avons-nous envie d'aller, ensemble ou séparément ? 

Des troubles du désir

En cas de dysfonctionnement au niveau physique, une thérapie de couple peut être utile, parfois en complément d'une consultation chez un sexologue.

Le thérapeute de couple va pouvoir mettre en lumière les incompréhensions, attentes non satisfaites, qui peuvent parfois être à l'origine de blocages physiques, ou de baisse de libido.

Dans le cas par exemple d'un vaginisme, on peut chercher à comprendre ensemble d'où viennent les blocages, et faire un travail psychanalytique. 

Comme l'explique Virginie Ferrara, "On s'aime toujours mais on ne peut pas continuer comme ça. L'amour ne suffit pas, ou plus, et il faut alors comprendre la façon dont la relation est nourrie de chaque côté, pour avancer."

La famille recomposée

Dans le cas d'une famille recomposée, la présentation du conjoint peut faire l'objet d'une appréhension. Comment les enfants vont-ils réagir ? Le conjoint va-t-il être bien accueilli au sein de la famille ?

Si les présentations ne se sont pas passées comme on le souhaitait, une thérapie de couple peut aider à échanger sur la situation, et à l'améliorer, voire la débloquer.

On peut aussi tout à fait entamer une thérapie de couple avant de se lancer, afin de préparer ensemble ces présentations, pour qu'elles se passent dans les meilleures conditions.

Problèmes de couple : des choses plus profondes à régler ?

Une thérapie conjugale peut aussi, dans certains cas, être utile pour régler des choses du passé, des blessures plus anciennes.

Comprendre par exemple, pourquoi une personne est infidèle, et cherche la reconnaissance à travers le regard d'une autre, parce que l'estime d'elle-même a précédemment été malmenée. Ou s'intéresser au passé, pour comprendre pourquoi quelqu'un souffre d'une peur de l'abandon qui se rejoue au sein du couple, ou d'une dépendance affective qui devient nocive pour la relation. Identifier l'origine du problème, peut aider à expliquer certains comportements, et à les "traiter".

Et parfois, 4 ou 5 séances peuvent servir à identifier la problématique, avant que la personne concernée ne poursuive seule la thérapie.

Une thérapie de couple, c'est forcement à deux ?

Parfois, les deux personnes sont tout à fait d'accord pour commencer une thérapie conjugale, mais dans d'autres cas, l'un des deux est plus moteur que l'autre.

Et parfois, un seul veut et l'autre est véritablement retissant. En cas de reticence du partenaire, il est possible d'appréhender la thérapie de couple autrement, et de démarrer les séances seul.

Et comme l'explique Virginie Ferrara, "Dans certains cas, on se rend compte que celui qui est très en demande peut parfois être celui qui a une part de responsabilité importante dans la façon dont il va nourrir de manière toxique la relation".

Là, les consultations en solo peuvent faire l'effet papillon, et être bénéfiques pour le couple, voire régler certains problèmes sans que l'autre n'ait à venir. Mais parfois ce ne sera pas suffisant...

Merci à Virginie Ferrara, psychologue, psychanalyste et spécialiste en thérapie de couple, www.virginieferrara.com

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