Brexit: Dublin "surpris et déçu" de la marche arrière de Londres sur un accord

Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, lors d #39;un sommet europ eacute;en  agrave; G ouml;teborg, le 17 novembre 2017 (AFP/Archives - Jonathan NACKSTRAND)
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Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar s'est dit lundi "surpris et déçu" de la marche arrière du gouvernement britannique sur un accord avec l'Union européenne sur la question cruciale du statut de la frontière irlandaise après le Brexit.

"Je suis surpris et déçu que le gouvernement britannique ne semble pas en mesure de respecter ce qui avait été conclu plus tôt aujourd'hui", a dit M. Varadkar à la presse, en expliquant cet échec par l'attitude du petit allié gouvernemental de la Première ministre britannique Theresa May, le parti unioniste et ultraconservateur DUP (Democratic Unionist Party).

"C'est important d'écouter le DUP mais il y a d'autres partis en Irlande du nord", a commenté Leo Varadkar. "Nous comprenons que la Première ministre a besoin d'un peu plus de temps... Elle négocie de bonne foi", a-t-il ajouté.

La possibilité d'un compromis prévoyant de maintenir en Irlande du Nord, après la sortie du Royaume-uni de l'Union Européenne, des règles similaires à celles en vigueur au sein de l'UE avait auparavant provoqué la colère du DUP, alors qu'un accord à Bruxelles permettant de passer à la deuxième phase des négociations du Brexit semblait proche.

"Nous avons été très clairs. L'Irlande du nord doit quitter l'Union européenne dans les mêmes termes que le reste du Royaume-uni. Nous n'accepterons aucune forme de divergence réglementaire qui sépare l'Irlande du nord économiquement ou politiquement du reste du Royaume-uni", a déclaré la cheffe du DUP Arlene Foster. "L'intégrité économique et constitutionnelle du Royaume-uni ne doit en aucun cas être compromise", a-t-elle insisté.

Le DUP assure au parti conservateur de Theresa May une fragile majorité au Parlement de Westminster.

Les rumeurs d'un tel accord en Irlande du nord ont aussi suscité la convoitise ailleurs au Royaume-uni.

"Les développements d'aujourd'hui montrent très clairement que si une partie du Royaume-uni peut conserver l'alignement règlementaire avec l'UE et rester effectivement dans le marché unique, il n'y a aucune raison pratique pour que d'autres ne le puissent pas", a ainsi estimé Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise et cheffe des indépendantistes du SNP.

L'Ecosse avait voté pour le maintien dans l'Union européenne et "le gouvernement écossais continuera à plaider, plus vigoureusement que jamais, pour que le choix démocratique des Ecossais soit respecté et notre place en Europe protégée", a martelé Mme Sturgeon.

Le Premier ministre gallois, Carwyn Jones, qui avait personnellement défendu le maintien du Royaume-uni au sein du marché unique, même si sa nation avait voté pour en sortir, a renchéri sur Twitter: "Si une partie du Royaume-uni a le droit de rester dans le marché unique et l'union douanière, alors nous nous attendons à recevoir la même offre".

Et même le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a vu dans le scénario envisagé pour l'Irlande "d'énormes conséquences" pour la capitale. "Les Londoniens ont voté massivement pour rester dans l'Union européenne et un accord similaire ici pourrait protéger des dizaines de milliers d'emplois".

"Ce que la spéculation d'aujourd'hui montre, c'est que Mme May n'a pas d'emprise sur la situation", a réagi de son côté le parti europhobe Ukip.

De l'autre côté du spectre politique, les libéraux démocrates, pro-européens, ont estimé qu'"au fil des jours, il devient de plus en plus clair que la meilleure solution pour tout le monde est de rester dans l'Europe".

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