Pèlerinage chiite: «Aujourd'hui que Daech est vaincu, je savoure la paix»

Un portrait du dignitaire chiite Muqtada Al Sadr tr ocirc;ne le long d #39;une route menant  agrave; la ville sainte de Karbala et au p egrave;lerinage religieux d #39;Arba iuml;n. Personnage controvers eacute;, Muqtada Al Sadr est  agrave; la t ecirc;te d #39;un des mouvements chiites important en Irak.  copy; Sebastian Castelier.
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À Bagdad, d'épais bouchons serpentent dans les rues désolées de la capitale irakienne. Si les nombreux checkpoints n'arrangent pas le trafic, de nombreuses autoroutes ont également été coupées pour le pèlerinage.

Personne n'ose vraiment se plaindre. Il faut dire que le chiisme dans les allées de la ville est omniprésent. Dans l'air grisâtre et pollué de la capitale irakienne flottent des drapeaux et affiches immaculées du visage marquant de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et figure adorée. Son assassinat à Kerbala, en 680, marque la césure définitive entre les courants chiites et sunnites de l'islam.

Dans le sud, non loin de l'aéroport, Bagdad road est le point de convergence. Le périmètre autour de l'autoroute est sécurisé. De grands pick-up et quelques véhicules blindés, armés de tourelles mitrailleuses, stationnent aux entrées. Chaque véhicule qui converge vers l'autoroute en question est au préalablement fouillé. Des militaires armés de kalachnikovs passent leurs mains autour de la taille de chaque personne qui effectue le pèlerinage pour prémunir tout attentat suicide.

Le répit chiite

C'est donc le long de kilomètres de barbelés, de tourelles et d'hommes armés que plusieurs centaines de fidèles déambulent à leur rythme.

Cent kilomètres séparent Bagdad et Kerbala. Une route non sans danger et autrefois marquée par plusieurs attentats. Fin 2011 par exemple, Al-Qaïda frappait Bagdad, Hilla et Latifiya, faisant 28 morts et 78 blessés pendant le pèlerinage. À chaque fois, des bombes dissimulées ou voitures piégées visaient les rassemblements de chiites sur la route pour Kerbala.

Plus récemment, le 3 juillet 2016, un spectaculaire attentat revendiqué par l'organisation État islamique, faisait un carnage à Karrada, quartier chiite de Bagdad, tuant 324 personnes.

Mais après presque quinze ans de terrorisme incarné par Al-Qaïda, puis par Daech, les chiites irakiens soufflent pour la première fois.

Ahmed al-Abadi, 23 ans, natif de Doura, un quartier de Bagdad particulièrement violent pendant la guerre civile, sourit:

«À 11-12 ans, j'attendais avec une kalachnikov

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