Témoignages : Pansexualité, ou "aimer indépendamment du genre de l'autre"

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Aimer indépendamment du genre de l'autre, voilà l'idée principale de la pansexualité, qui se différencie de la bisexualité. C'est quoi être "pan" ? Quelles différences y a t-il entre les pansexuels et les bisexuels ? Témoignages.

Aimer indépendamment du genre de l'autre, voilà l'idée principale de la pansexualité, qui se différencie de la bisexualité. C'est quoi être "pan" ? Quelles différences y a t-il entre les pansexuels et les bisexuels ? Témoignages.

Comme l'explique Valérie Baud, Co-Présidente de l'Association BiCause, la bisexualité correspond à un monde binaire. Mais la pensée a évoluée. Avant, on définissait les personnes qui aimaient plus d'un genre (homme et femme), par le terme "bisexuel". Désormais, avec la "pansexualité", on sort de cette binarité homme / femme, on aime une personne, un être humain. Le genre devient alors secondaire, et la pansexualité c'est justement aimer au-delà des genres. 

C'est une définition indicative comme le rappelle la Co-présidente de l'association, car chaque bisexualité, chaque pansexualité, est vécue différemment, en fonction de l'histoire de la personne, de l'idée que l'on a de sa vie amoureuse...

"L'amour est un droit, peu importe comment est l'être humain que l'on va aimer", clame Valérie Baud.

Un drapeau pour afficher la neutralité

Dans les années 2000, le drapeau pansexuel est créé et cherche à se différencier du drapeau bisexuel. Ce dernier est composé de la couleur magenta (qui représente l'attirance pour le côté féminin), de bleu (pour l'attirance pour le côté masculin), et au centre on trouve du violet, qui représente le mélange des deux genres, homme et femme.

Le drapeau pansexuel quant à lui, garde la symbolique binaire avec le violet et le bleu, mais au centre ce n'est plus le violet qui représente le mélange des genres, mais du jaune, qui va représenter au contraire la libération du genre, une sorte de neutralité.

"Ce drapeau, ce mouvement militant, c'est l'émergence d'une autre diversité humaine, qui est aujourd'hui mise en lumière.", explique Valérie Baud.

Elle explique que la jeunesse s'identifie davantage à la pansexualité, selon elle, "il y a une volonté de révolution du genre."

"Ce que la personne a entre les jambes ? C'est la surprise !"

Valérie, 46 ans, Co-présidente de l'Association BiCause

"J'ai toujours senti que j'avais un regard similaire que ce soit sur une femme ou sur un homme. Les deux m'ont toujours interpelés. Je me disais que j'étais quand même un peu bizarre, un peu différente... Est-ce que j'étais lesbienne ? Mais les garçons m'attiraient aussi, et c'était quand même plus simple d'avoir un petit copain au collège, qu'une petite copine ! A 25 ans, j'ai compris que je n'étais pas toute seule finalement, et que j'étais tout simplement bisexuelle.

Mais aujourd'hui, j'ai encore évolué, je vis désormais librement ma façon d'aimer. Je suis plutôt pansexuelle que bisexuelle. Je pourrais aimer un corps qui s'invente, sans parler forcement d'opération.

Quand je tombe amoureuse, je craque pour une personne. La forme de son sexe est complètement secondaire. Ce que la personne a entre les jambes ? C'est la surprise ! Je m'en fous en réalité. Pour moi, la pansexualité est un élargissement du spectre, il n'y a pas de jugement. Quand je suis célibataire, si je dis à mes amis que j'ai rencontré quelqu'un, je ne précise pas le genre de la personne, c'est accessoire, pour eux comme pour moi. La porte est ouverte à la personne qui va susciter l'étincelle."

"Pendant des années, j'avais honte de ce que j'étais"

Maxime, 18 ans, Responsable Communication du MAG Jeunes LGBT

" Au début, je me pensais gay, puis bi. Enfin, j'ai découvert le terme "pan" qui me correspondait tout à fait, puisque des personnes de tous les gens m'attiraient. Aussi bien des hommes, des femmes, que des personnes non-binaires... Je me fiche un peu du genre et suis juste attiré par la personne en elle-même.

Lorsqu'une personne m'attire, je ne cherche pas nécessairement à connaître immédiatement son genre. La personne en elle-même m'attire, son physique, son comportement, etc. Bien sûr, le genre joue souvent un rôle non négligeable dans la personnalité de quelqu'un, mais je pense que je vois les personnes plus "globalement", sans m'attarder sur leur genre. 

Au début, cela a été très difficile pour moi de m'accepter, en tant que gay. Puis je me suis dit que j'étais bi, puis pan. Ce processus a pris environ 3 ans. Pendant ces années, j'avais honte de ce que j'étais, je ne voulais pas l'être, et je ne me comprenais même pas. Je me suis énormément questionné avant d'arriver au terme "pan". Heureusement, maintenant, je le vis vraiment bien et je suis décomplexé.

Beaucoup de gens ne s'accordent pas sur la différence entre bi et pan. Certaines personnes disent que "bi", c'est binaire et que cela signifie donc que l'on est attiré par les hommes et les femmes. Je pense personnellement, que bi signifie "être attiré par les personnes du même genre que soi et les personnes d'autres genres". Cela inclut donc tous les genres. Mais, à la différence de pan, on ne précise pas que c'est indépendant du genre. Le genre a donc son importance, relative, mais plus forte selon moi dans la bisexualité que dans la pansexualité. " 

"Je n'ai pas cette conscience du genre"

Virginie, 37 ans, membre de l'Association BiCause

" Pour moi, c'était évident. J'ai quasiment toujours su que j'étais pansexuelle, car je n'ai jamais tenu compte de l'apparence physique. Par exemple, quand mes parents me demandaient petite comment étaient mes amis à l'école, je répondais qu'untel était bon en maths, que cette personne était généreuse... Je ne faisais aucune description physique. Je ne tiens pas compte du genre dans mes relations amoureuses. Ce qui m'importe, et ce que je vois chez l'autre, ce sont les qualités humaines, comme la générosité, la gentillesse, l'esprit, la vivacité, l'intelligence...

Avant je me rangeais dans la catégorie bisexuelle, mais en 2012 j'ai découvert des associations LGBT, et ca a été rassurant de découvrir que je n'étais pas la seule à être comme ça. Pour moi la grande différence avec les pans, c'est que les bisexuels vont être conscients du genre de l'autre, alors que moi je n'ai pas cette conscience du genre.

En tant que pans, on ne met pas la personne dans une case, d'ailleurs transe n'est pas un genre contrairement à ce que les gens pensent. " 

"Je suis attirée par sa personnalité, rien d'autre"

Billie, bénévole au MAG Jeunes LGBT

" Pour ma part il n'y a pas eu de 'grande révélation', de déclic brusque et soudain. Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant : 'Oh mon Dieu ! Mais je ne suis pas hétéro en fait !', c'est quelque chose qui est venu assez naturellement et progressivement pour moi. Je me suis juste aperçue, en grandissant et avec l'expérience, que je n'étais pas uniquement intéressée par les hommes, et ça m'a semblé être quelque chose d'évident. 

Je ne me suis néanmoins pas tout de suite identifiée comme pansexuelle, tout simplement parce que je ne connaissais pas le terme. Je me suis, comme la plupart des gens-tes concerné-e-s, d'abord identifiée comme bisexuelle avant de découvrir ce terme que je trouve plus approprié à mon expérience et à mon ressenti.

Pour moi, être pansexuelle c'est être attiré-e par quelqu'un-e indépendamment de son identité de genre (le genre auquel elle s'identifie). La question de savoir si la personne est une personne cisgenre (une personne qui s'identifie au genre qu'on lui a assigné à la naissance) ou transgenre (une personne dont l'identité de genre est différente de celle qu'on lui a assigné à la naissance) m'est complètement indifférente. Ce que je ressens, je le ressens pour la personne. Je suis attirée par sa personnalité, rien d'autre. Je ne me pose pas une seule seconde la question de savoir ce qu'elle peut bien avoir entre les jambes, tout simplement parce que ça m'est complètement indifférent."

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