La chasse à l'orgasme est déclarée

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On veut toutes un orgasme. Le grand. Le puissant. Celui qui nous fait hurler et tourner la tête. Orgasme vaginal, clitoridien ou encore multiorgasme, on les veut tous et toujours plus intenses. Quitte à se mettre la pression pour l'atteindre et passer à côté du véritable épanouissement sexuel.

On veut toutes un orgasme. Le grand. Le puissant. Celui qui nous fait hurler et tourner la tête. Orgasme vaginal, clitoridien ou encore multiorgasme, on les veut tous et toujours plus intenses. Quitte à se mettre la pression pour l'atteindre et passer à côté du véritable épanouissement sexuel.

La chasse à l'orgasme est déclarée. Atteindre le septième ciel est une obsession, à tel point que le 21 décembre est devenu la journée mondiale de la petite mort, comme l'appelait Georges Bataille. « Faites l'amour, pas la guerre ! ». Pourtant, c'est une lutte sans merci qui se joue partout autour de nous pour s'éclater au lit.

Depuis quelque temps, la recherche de l'orgasme féminin vire à l'obsession. Berceau de nombreux mystères et fantasmes, on veut à tout prix mettre le doigt sur la formule magique du plaisir. Mais entre les « faites comme ceci » et « faites comme cela », on lui court après « et on passe à côté du véritable plaisir », s'exaspère la sexologue, Cécilia Commo. 

Alors, heureuse ?

C'est la tyrannie du clitoris. Ces 3 millimètres étaient la clé de l'extase et du plaisir absolu. Jusqu'à ce que Freud débarque avec son histoire de plaisir profond, « le » seul, « le » vrai, est vaginal. Tels des chasseurs de trésors, on s'est alors mis à explorer les  tréfonds du vagin pour trouver ce fameux point G, rebaptisé zone G. Une chasse au plaisir qui nous essouffle et nous freine, si l'on en croit  Cécilia Commo. Mais qu'a-t-on fait du vrai plaisir (seul ou à plusieurs) ?

Il y a encore quelques décennies la sexualité était taboue. Elle s'est ensuite libérée pour laisser place aujourd'hui à des diktats d'un genre nouveau, faisant de nous des terroristes du plaisir. On condamnerait presque celui qui ne réussit pas à faire jouir sa partenaire. Et gare à celle qui n'atteint pas l'objectif ultime d'une relation intime. Une pression supplémentaire qui s'installe au sein du couple et que l'on s'inflige à soi-même. Une obsession nuisible à sa quête, explique la sexologue. Plus on le veut, moins on y arrive. Pourquoi ? Parce que pour l'atteindre, on est loin d'être sur la bonne voie. Dans toute cette histoire, on a oublié de lâcher prise et de profiter du moment présent. Alors, le mieux pour y arriver, c'est encore de laisser tomber ce besoin de performance dicté notamment par l'industrie du porno.

Un orgasme sur-mesure, s'il vous plaît !

Vaginal, clitoridien ou multiple... Un peu comme dans un magasin, on aimerait choisir celui qui nous correspond le plus. Celui qui nous conviendrait le mieux et que l'on nous a décrit comme source intense de plaisir. « Toutes ces représentations du plaisir que l'on devrait éprouver, font de l'acte intime une performance », regrette la spécialiste.

On le désire vaginal, parce que tout le monde en parle. Freud nous a même dit qu'il était signe de maturité. Et on ajoute à cela, qu'on l'aimerait multiple. Pourquoi n'en avoir qu'un, quand on sait qu'entre 10 et 20 % des femmes en ont plusieurs à la suite. Pourquoi certaines y auraient droit et pas nous ? « C'est en se demandant tout cela, que mes patientes se trompent et font des blocages », regrette la sexologue. 

« L'une de mes patientes est arrivée dans mon cabinet parce qu'elle ne jouissait jamais. En réalité si, elle y arrivait. Mais elle avait décidé qu'elle voulait éprouver du plaisir par voie 'vaginale' et non pas uniquement avec son clitoris », raconte la sexologue. Des exigences, puisées dans des idées reçues qui nous mènent la vie dure. 

C'est une véritable hiérarchie de l'orgasme qui semble s'organiser, dans laquelle les femmes ont du mal à s'y retrouver. Entre ce qu'elles ressentent et ce qu'on leur dit de ressentir, il y a un gap. 

« De l'homme ou la femme, qui a la plus grosse ? »

Peu à peu, le plaisir féminin se calque sur celui de l'homme. Si ce dernier peut jouir lors de chaque coït, la physiologie féminine ne le permet pas toujours. La fatigue, le stress ou encore certains complexes et blocages sont « souvent inconscients », précise Cécila Commo, peuvent empêcher une femme de jouir. « Mais ce n'est pas parce qu'on ne jouit pas, qu'on ne prend pas de plaisir », insiste-t-elle.

Jouir après un rapport est devenu une norme à respecter, sous peine de passer pour un mauvais coup. « On assiste à une confrontation entre la jouissance d'une homme et d'une femme. On en viendrait presque à se demander qui de l'homme ou de la femme à la plus grosse, quand il s'agit d'éprouver du plaisir ».

Pire encore, on croit à tort que l'origine de la jouissance féminine se trouve entre les mains du partenaire. « On leur met une pression. Ce n'est pas facile pour eux d'assumer un rapport quand ils n'ont pas réussi à emmener leur partenaire au septième ciel. Un peu comme si leur virilité pouvait être remise en cause à tout moment ». Alors que l'homme n'est pas forcément responsable du plaisir féminin.

 

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