Angine : pourquoi il faut éviter les anti-inflammatoires et préférer le paracétamol

Medisite - AA

Une étude a démontré que prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour traiter les symptômes de l'angine augmenterait le risque de développer des phlegmons (abcès de la gorge). Le paracétamol serait alors à privilégier.

Mal de gorge, fièvre, maux de tête... Les symptômes de l'angine sont particulièrement désagréables. Pour traiter cette inflammation, il paraît logique de se tourner vers des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), tels que l'aspirine et l'ibuprofène. Pourtant, dans le numéro de septembre 2018, la revue Prescrire relaie une étude menée par des médecins généralistes français parue en avril 2017 qui explique que ces médicaments ne devraient pas être utilisés en première intention car ils ne seraient pas sans risque pour la santé : ils augmenteraient en effet les chances de survenue de phlegmons (abcès à la gorge résultant d'une infection des tissus situé entre l'amygdale et l'un des muscles constricteurs du pharynx).

Traitement de l'angine : des risques de phlegmons liés aux AINS qui ne devraient pas être utilisés en premier recours

Pour arriver à cette conclusion, 120 médecins généralistes se sont appuyés sur la base de données de l'Observatoire de la Médecine Générale qui recensait tous les cas d'angine (105 802 au total) et de phlegmons (48) entre 1995 et 2010. Ces chiffres concernaient respectivement 67 765 et 47 patients. Ils ont ainsi pu observer que le risque de développer un phlegmon par la suite était beaucoup plus grand chez les personnes qui prenaient un AINS pour traiter les symptômes de la maladie que ceux qui n'en prenaient pas. Ce risque était également présent chez les patients qui s'étaient vus prescrire des corticoïdes (anti-inflammatoires stéroïdiens, plus puissants que les AINS).

"Cette étude montre que prescrire des AINS dans l'angine augmente le risque de survenue d'un phlegmon, souligne l'un des auteurs. Ceci invite à reconsidérer la balance bénéfice - risque des AINS avant prescription dans le cadre des angines". Cet effet indésirable serait lié au fait que les AINS diminuent la réponse immunitaire de l'organisme contre l'infection. Des risques dont les professionnels de santé ont conscience, puisque le site de l'Assurance Maladie par exemple affirme que pour traiter l'angine, "le paracétamol est à utiliser en première intention".

AINS : quels sont les risques ?

Outre le risque de phlegmon dans le cadre d'une angine, les AINS sont pointés du doigt pour les nombreux autres effets indésirables qu'ils peuvent entraîner. Le 4 septembre 2018, une étude danoise alertait des dangers de ces médicaments lorsqu'ils sont prescrits contre les douleurs articulaires : certains contiennent du diclofénac, substance active qui augmenterait les risques de maladies cardiovasculaires. Des risques d'ulcère, hépatiques, allergiques ou encore pour la fertilité sont également imputés à la prise d'AINS.

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