Protection animale : les députés ont votés contre, on continue le combat !

Getty (Femmeactuelle.fr)
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Les mesures en faveur des animaux, telles que le contrôle vidéo dans les abattoirs, l'interdiction de la castration à vif des porcelets et de l'élevage en cages des poules pondeuses, ont été rejetées par les députés alors qu'elles sont soutenues par plus de 80 % des Français. La route, semée d'embûches, sera longue. Alors on ne lâche pas...

Les mesures en faveur des animaux, telles que le contrôle vidéo dans les abattoirs, l'interdiction de la castration à vif des porcelets et de l'élevage en cages des poules pondeuses, ont été rejetées par les députés alors qu'elles sont soutenues par plus de 80 % des Français. La route, semée d'embûches, sera longue. Alors on ne lâche pas...

Dans un récent sondage*, 67 % des Français considéraient que les animaux étaient mal défendus par les politiques. Le vote du 28 mai leur donne malheureusement raison.

Rappel des faits : Assemblée Nationale, nuit du 27 au 28 mai 2018. Les députés sont appelés à se prononcer sur l'article 13 du projet de loi issu des États généraux de l'alimentation. Les mesures en faveur des animaux - entre autres : contrôle vidéo obligatoire dans les abattoirs, interdiction de castrer à vif les porcelets, de broyer les poussins mâles et les canetons femelles, d'élever en cages les poules pondeuses...- bien que soutenues par 80 % de Français, sont rejetées.

Dans l'hémicycle clairsemé, une soixantaine de voix ont suffi pour coiffer au poteau les attentes de la population, pourtant confortées par les promesses réitérées d'Emmanuel Macron.

A l'issue de cette énième « sombre nuit pour la protection animale », selon les mots du député non inscrit Olivier Falorni (qui a déposé la proposition de loi pour le contrôle video obligatoire), ce sont les intérêts des lobbies de l'élevage intensif qui ont été privilégiés. Ceux-là même qui nous matraquent avec des publicités mensongères, où les animaux d'abattage martyrisés sont montrés bienheureux dans une nature joyeuse, s'offrant à nos appétits .  

Alors que depuis 2015 la reconnaissance des animaux comme êtres vivants et sensibles est enfin inscrite dans le Code civil, Olivier Falorni souligne cette tromperie : « D'un côté le gouvernement fait de la maltraitance animale un délit pénal, de l'autre, en interdisant le contrôle vidéos dans les abattoirs, il se prive de l'outil efficace pour caractériser les délits. »

Délits si flagrants - les images le prouvent même aux plus dubitatifs -, que l'on se demande comment ils peuvent encore faire l'objet de débats, de controverses, de théories fumeuses au lieu d'être actés pour ce qu'ils sont : des faits indiscutables.

En rejetant l'obligation de la surveillance vidéo à des postes critiques (quais de déchargement, zone de stabulation où les animaux sont maintenus avant d'être tués, postes de saignée et d'abattage), pourtant votée au stade de proposition de loi en janvier 2017, les députés font valoir le risque de « flicage » des ouvriers, le spectre de Big Brother qui, en l'occurrence, a bon dos.

Car les conditions de travail des personnels des abattoirs sont elles aussi effroyables : pénibilité extrême inhérente à la fonction même, cadences infernales entraînant d'autant plus d'infractions. Le livre de Geoffrey Le Guilcher "Steak Machine" publié en 2017, résume en une phrase la perversion du système : « L'ouvrier est le seul à vivre toute la journée au coeur du mensonge. Soit il devient violent contre ces animaux, qui refusent de lui faciliter une tâche déjà pénible, soit il s'habitue ». Dans un entretien avec les journalistes du Nouvel Observateur, les réalisateurs du documentaire « Saigneurs », réalisé en 2016 dans le très moderne établissement de Vitré (2000 animaux tués par jour), témoignent : « Les ouvriers sont totalement assujettis à la chaîne, à la cadence, à la machine. Un agneau toutes les 20 secondes, une vache toutes les minutes. Chacun est dans sa bulle, dans un isolement total, même si ces hommes sont dans le même espace. »

Une certaine transparence obligerait, peut on l'espérer, à des améliorations évidentes à tous les niveaux de la chaîne de cruauté de la production intensive.

On doit à l'association L214 d'avoir levé le voile du tabou de l'élevage intensif, jusqu'alors invisible, nous obligeant à en penser, philosophiquement et politiquement, toutes les réalités et les conséquences. Pourtant, les députés retoqueurs (ainsi que les absentéistes qui s'en sont lavés les mains), nous incitent à retourner au faux confort du déni.

C'est pourquoi, reprocher à L214, comme on l'a lu et entendu, d'avancer masqué en militant pour un veganisme universel (ce dont l'association ne s'est jamais caché), est une illustration supplémentaire de ce processus de détournement scabreux. Car les utopies, et c'en est une pour longtemps, lorsqu'elles militent pour moins d'injustices, de violences et de crimes, nous élèvent quoi qu'ils en soit. Et créent des points d'appui où notre esprit de résistance reprend de l'élan.

Car lorsque la loi est défaillante - voire scélérate ? -, c'est à notre conscience et à nos actions de jouer. Limiter notre consommation de viande, c'est prendre le début du chemin. Et il est à la portée de chacun.

* Ifop / 30 millions d'amis (2017)

 

 



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