Trop d'infos erronées sur la maladie de Lyme : l'Académie de médecine démêle le vrai du faux

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L'Académie de médecine estime que l'inquiétude à l'égard de la maladie de Lyme est attisée par une campagne de désinformation : des médecins et des associations diffuseraient ainsi des infos sans fondement scientifique, entretenant une sorte de psychose parfois exagérée autour de cette maladie infectieuse.

L'Académie de médecine estime que l'inquiétude à l'égard de la maladie de Lyme est attisée par une campagne de désinformation : des médecins et des associations diffuseraient ainsi des infos sans fondement scientifique, entretenant une sorte de psychose parfois exagérée autour de cette maladie infectieuse.

Dans un communiqué publié fin octobre, l'Académie de médecine s'insurge contre les « rumeurs diffusées par des groupes de pression [...] notamment par la "Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques" ». Selon l'Académie, ce groupement d'associations et de médecins parfois soumis à des liens d'intérêt (dont certains s'auto-proclament « Lyme doctors » et se réclament de l'ILADS, International Lyme and Associated Diseases Society, une association non reconnue outre-Atlantique) diffuseraient des « assertions sans fondement scientifique » sur la maladie de Lyme. Cela participerait à nourrir l'angoisse de certains patients au sujet de cette maladie infectieuse transmise par une piqûre de tique infectée.

L'Académie de médecine a ainsi tenu à remettre les choses au clair en rappelant les faits qui sont scientifiquement établis, et ceux qui ne le sont pas. En voici les principaux points :

Les faits scientifiquement établisLa maladie de Lyme est une maladie infectieuse due à une bactérie, Borrelia burgdorferi sensu lato, transmise à l'homme par la morsure d'une tique infectée. Dans 70 à 80% des cas, l'infection guérit spontanément au stade primaire (la maladie évoluant en trois phases : primaire, secondaire et terciaire).Le diagnostic de la maladie repose sur deux méthodes : des tests ELISA pour le dépistage, l'immuno-empreinte (Western blot) pour la confirmation. Les tests disponibles ont actuellement une sensibilité de 80 à 95% et une spécificité qui dépasse 90%. Les anticorps peuvent persister plusieurs années, même après un traitement efficace.La prise d'un traitement antibiotique en phase primaire entraîne une guérison rapide et définitive. En revanche, l'efficacité clinique du traitement est plus lente en phases secondaire et tertiaire.Les allégations sans fondement scientifiqueLe terme de « maladie de Lyme chronique » pose problème à l'Académie : elle serait liée à la persistance de l'agent pathogène dans l'organisme pendant des années, sauf qu'elle repose sur l'hypothèse non scientifiquement démontrée d'une « crypto-infection », servant à justifier le recours à des traitements antibiotiques prolongés.L'attribution de symptômes mal définis, subjectifs (fatigue, crampes, douleurs musculaires, acouphènes, troubles du sommeil ou de l'humeur, pertes de mémoire, etc.) à cette « maladie de Lyme chronique » ne repose sur aucun élément de preuve.L'efficacité revendiquée de traitements antibiotiques prolongés, parfois associés à des médicaments antiparasitaires, antifongiques ou anti-inflammatoires, ne repose sur aucune donnée expérimentale probante et ne s'appuie sur aucun essai clinique contrôlé. En revanche, de telles prescriptions sont dangereuses pour le malade, conséquentes pour l'écologie microbienne, risquées pour la Santé publique et dispendieuses pour l'Assurance maladie.

À lire aussi : Comment se protéger des tiques et que faire en cas de morsure pour éviter la maladie de Lyme ?



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