5 infos que vous ignorez sur le beaujolais nouveau

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Vin souple et fruité, vin de fête surtout, des copains et des mâchons, le beaujolais nouveau est de retour au comptoir et dans les linéaires. 5 choses à découvrir encore à propos de ce vin populaire. Avec Dominique Piron, vigneron et président de l'interprofession.

Vin souple et fruité, vin de fête surtout, des copains et des mâchons, le beaujolais nouveau est de retour au comptoir et dans les linéaires. 5 choses à découvrir encore à propos de ce vin populaire. Avec Dominique Piron, vigneron et président de l'interprofession. Le 3 ème jeudi de novembre : le beaujolais nouveau est vendu partout dans le monde au même moment

Cette date, jeudi 16 novembre pour cette année, signe le top départ de sa commercialisation.

Le temps où les camions partaient ce même 3ème jeudi des domaines à minuit précises pour arroser la France est bel et bien révolu. Chacun veut pouvoir le consommer ou le servir ce jour-là, à Paris, New York ou Tokyo.

La tradition du vin nouveau n'est pas née avec le beaujolais nouveau, mais le beaujolais nouveau a rendu cette tradition du vin jeune et fruité éternellement moderne.

En 1951, à la demande des forts des Halles qui se lèvent tôt et apprécient leur casse-croûte avec un vin friand, un décret autorise les appellations à avancer sa commercialisation d'un mois. Ramenée au 15 novembre donc. Dans les bistrots parisiens, le beaujolais nouveau est attendu de pied ferme, dans le même esprit - annoncé à la craie sur l'ardoise - que l'arrivée du beurre ou du savon dans la France (d'après-guerre) des tickets de rationnement.

Et ce qui se passe alors en France et à Paris en particulier amuse les Anglais au point qu'ils affluent en Beaujolais entre le 12 et le 15 novembre et se font parachuter pour certains des caisses de vins sur Londres. L'engouement est contagieux, le beaujolais nouveau s'internationalise. De Londres à New York, tous veulent désormais 'leur' beaujolais nouveau au même moment. Ajoutez la logistique à cette compétition (les camions n'ont pas le droit de rouler le dimanche...) et le 3ème jeudi de novembre est entériné en 1985 comme 1er jour de dégustation autorisé. Les caisses de vins aujourd'hui expédiées dix jours avant sont estampillées de cette date.

26 millions de bouteilles écoulées en 8 jours (ou presque)

La réglementation prévoit de le vendre pendant deux mois, jusqu'au 15 janvier. Mais dans les faits, en une semaine, la production est quasi écoulée (Noël approche, un produit chasse l'autre). Soit près de 200 000 hectolitres de vin, ou 26 millions de bouteilles ! Dont un peu plus de la moitié en France. Un peu moins à l'export. Parmi les pays tiers, le Japon est le 1er importateur avec près de 50 000 hl (6,3 millions de bouteilles).

Le beaujolais nouveau créé en rosé pour les Japonais

Décidément les Japonais aiment ce qui vient de France et le beaujolais nouveau en particulier. Tant et si bien qu'en 2006, une bouteille de beaujolais nouveau est vendue pour 10 habitants (12 millions de bouteilles) ! Et pour répondre à la demande, l'élaboration d'une cuvée en rosé est décidée là-bas cette année-là. Sur les linéaires français, le beaujolais nouveau rosé arrive l'année suivante, en novembre 2007. Aujourd'hui, le rosé représente 5 % de la vinification en beaujolais nouveau et poursuit son petit bonhomme de chemin. Dans les appellations Beaujolais et Beaujolais-Villages. D'ailleurs il y a quelques jours, trois cuvées rosées ont été récompensés d'une médaille d'or au Trophée Lyon-beaujolais nouveaux. Dans le même temps, l'engouement pour le vin rosé, toutes appellations confondues, moins alcoolisé, symbole de fête, associé à toutes les cuisines, même exotiques, ne se dément pas.

Le gamay, le cépage du bon vin nouveau

Le gamay couvre 98 % de la zone d'appellation Beaujolais, dont le beaujolais nouveau. Celui-ci est produit sur les terroirs des beaujolais et beaujolais-villages. 50 % de l'appellation Beaujolais est vendue en nouveaux, 30 % de l'appellation Beaujolais-Villages. En fonction des terroirs, plus sableux ou plus argileux, des parcelles à même de donner des vins fruités. Les raisins sont vendangés la première quinzaine de septembre et prêts à boire un mois plus tard. Ils ont subi une macération courte de 4 à 7 jours, ni moins ni plus, pour soutirer un jus fruité et aromatique, coloré à point, aux tannins fondus. Les arômes du cépage gamay s'expriment vite, CQFD. Sur 10 000 hectares de vignes, le savoir-faire du vigneron s'ajoute donc à la diversité des terroirs. Ce qui fait dire à la profession aujourd'hui qu'il n'y a pas un mais des beaujolais nouveaux. Essentiellement un vin rouge jeune, croquant et rond, aux arômes de fruits rouges (fraise, groseilles) ou noirs (mûres, cassis). "Un vin pour boire, pas un vin pour réfléchir", assure Dominique Piron.

Sous l'affiche de l'année signée Jean-Charles de Castelbajac, repérez le beaujolais nouveau 2017 entre 5 à 7 € en grandes surfaces, 7 à 9 € chez les cavistes. A servir frais, à 10 ou 11 °C, à l'apéritif, puis le repas, sur de la charcuterie, une salade de pommes de terre, un saucisson à cuire pistaché, la volaille, un saint-marcelin pour rester autour de Lyon, mais aussi avec une cuisine exotique et tout ce qui vous fera plaisir ! 

Les vignerons sont fiers de leur beaujolais nouveau

Du grand raout des années soixante-dix - quatre-vingt à aujourd'hui, il y eut le voile des années 2000. Quinze ans pour une digestion difficile de ce vin nouveau pas toujours très bon, et produit dans des volumes tels qu'il pouvait masquer le travail de qualité des vignerons des appellations Beaujolais, Beaujolais-villages et leur travail sur les 10 crus de la région, moulin-à-vent, morgon, fleurie, brouilly, chénas, juliénas, saint-amour, côte-de-brouilly, régnié et chiroubles. Mais vin friand il était, vin friand il restera, et pourquoi pas ? Pour le président de l'interprofession, il est un élément de la trilogie : le vin de la fête. Aux côtés des beaujolais-villages, coeur de gamme qui convient parfaitement à l'esprit de la bistronomie, et des crus plus structurés. D'ailleurs, il annonce novembre comme le mois du beaujolais, puisque les vignerons se sont aperçus qu'ils vendaient beaucoup de crus dans les jours qui suivent l'arrivée du beaujolais nouveau. Redevenu vin de fête, porte d'entrée ou cuvée prétexte à la découverte de toute la région d'appellation. Exit les jalousies dans le vignoble. Tout le monde y trouve son compte, au juste prix.

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