Sri Lanka: 6 mois de prison pour un moine extrémiste

La police sri-lankaise escorte le moine bouddhiste extr eacute;miste Galagodaate Gnanasara le 14 juin 2018 apr egrave;s sa condamnation (AFP - LAKRUWAN WANNIARACHCHI)
AFP - AA

La justice du Sri Lanka a condamné jeudi l'emblématique moine bouddhiste extrémiste Galagodaatte Gnanasara à six mois de prison pour intimidation.

Gnanasara avait été déclaré coupable le mois dernier d'avoir fait pression sur Sandya Eknaligoda, la femme d'un caricaturiste sri-lankais enlevé par l'armée en 2010 et porté disparu depuis.

Figure du mouvement bouddhiste radical en Asie, pendant sri-lankais du célèbre moine Wirathu de Birmanie, Gnanasara n'avait encore jamais été incarcéré. Dans d'autres affaires en attente de jugement, il est poursuivi pour incitation à la haine envers la minorité musulmane dans cette île de l'océan Indien à majorité bouddhiste.

En janvier 2016, le moine en robe safran s'était rendu au tribunal pour soutenir des officiers de l'armée soupçonnés d'avoir kidnappé le caricaturiste Prageeth Eknaligoda, dont les dessins moquaient le président d'alors Mahinda Rajapakse.

Le religieux avait violemment accusé la plaignante de soutenir les extrémistes tamouls, qui ont combattu la majorité cinghalaise dans une guerre civile de plus de trois décennies qui s'est achevée en 2009, et de ternir la réputation de l'armée.

Le tribunal d'Homagama, près de la capitale Colombo, lui a aussi infligé une amende de 1.500 roupies (8 euros) et lui a ordonné de payer 50.000 roupies (260 euros) de dédommagemment à la partie civile.

La persévérance de Sandya Eknaligoda pour faire la lumière sur la disparition de son époux lui a valu un prix "Femmes de courage à l'international" de la Première dame américaine Melania Trump l'année dernière.

Recherché par la police en lien avec une série d'attaques contre les musulmans, Gnanasara a passé un mois en cavale en 2017 avant de se rendre à la police. Il avait été ensuite libéré sous caution.

Son mouvement, le Bodul Bala Sena (BBS, Force bouddhiste), a nié être derrière des émeutes en 2014 et 2017 visant la minorité musulmane dans cette île qui peine encore à se remettre de la guerre civile.

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