Tout savoir sur Kim Jong-nam, le demi-frère assassiné de Kim Jong-Un

Kim Jong-Nam (G), le 4 mai 2001, et Kim Jong-Un (D), le 10 mai 2016 ()
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Avec son train de vie modeste à Macao, Kim Jong-Nam était loin de l'opulence et du pouvoir de son demi-frère, leader suprême de la Corée du Nord. Mais il a toujours été vu comme un danger pour la dynastie au pouvoir à Pyongyang.

Des amis dans l'enclave chinoise mondialement connu pour ses jeux d'argent parlaient cette semaine d'un homme assez libre qui offrait des dîners bien arrosés, malgré un «ordre permanent» de son demi-frère Kim Jong-Un pour l'éliminer physiquement, selon des chefs du renseignement à Séoul.

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Cet ordre, disent-ils, a été exécuté lundi quand Kim Jong-Nam a été assassiné à l'aéroport international de Kuala Lumpur par des femmes agissant pour le compte de la Corée du Nord. Pourtant, les gens qui connaissent l'aîné des Kim le décrivent comme un homme vivant sans grande protection et pas excessivement prudent.

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Immeuble où aurait vécu Kim Jong-Nam, à Macao en Chine, le 16 février 2017

 

«Je pense que ce n'était tout simplement pas dans son caractère», a confié un ami au quotidien South China Morning Post, ajoutant que Kim se déplaçait sans gardes du corps, à Macao ou ailleurs. «Il menait une vie tranquille ici. Evidemment, il se sentait protégé par la Chine. Macao lui convenait personnellement. Il y aimait les bons côtés de la vie. Macao lui offrait sécurité et divertissement», raconte cet ami, décrivant un homme joyeux et facile à approcher.

Fils aîné de l'ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il, Kim fut un temps pressenti pour être l'héritier du régime communiste. Mais son père a changé d'avis pour une raison inconnue.

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Corée du Nord : la dynastie Kim

 

L'aventure de Kim à Tokyo en 2001, où il avait été arrêté à l'aéroport avec un passeport falsifié de la République dominicaine -- apparemment pour visiter Disneyland -- est souvent citée pour expliquer la raison de sa disgrâce. En exil, il commentait régulièrement les affaires nord-coréennes. Sans réformes, le régime de Pyongyang s'écroulerait, est-il ainsi cité par le journaliste japonais Yoji Gomi, qui a écrit un livre sur lui en 2012.

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Il avait même qualifié le régime héréditaire nord-coréen comme étant «la risée de tous» et confié au journaliste que Kim Jong-Un ne durerait pas longtemps en tant que dirigeant.

Trois raisons

En Corée du Nord, pays très patriarcal, le fils aîné est considéré comme l'héritier officiel de la famille : au père fondateur Kim Il-Sung, décédé en 1994, a succédé son premier fils Kim Jong-Il, qui s'est éteint en 2011. Pour Kim Jong-Un, le fait d'être le fils de la troisième femme de son père était vu en quelque sorte comme une tache sur son blason qui en ferait un dirigeant peu sûr de lui et paranoïaque, selon des experts.

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La mort de Kim Jong-Nam annoncée le 14 février 2017 par la télévision à Séoul

 

«S'il se confirme que l'assassinat a été ordonné par le Nord, ce serait un signe de la personnalité paranoïaque de Kim Jong-Un», a déclaré le chef du renseignement sud-coréen lors d'une réunion à huis clos mercredi, selon le député sud-coréen Kim Byung-Kee. Aux yeux de Jun Byung-Kon, analyste à l'Institut coréen d'unification nationale, la Chine pourrait aussi avoir été un facteur.

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Pékin reste la bouée de sauvetage économique de la Corée du Nord et le seul allié diplomatique de ce pays pauvre, même si les relations se sont tendues à la suite d'une série d'essais nucléaires et de tests de missiles effectués depuis que Kim a accédé à la fonction suprême fin 2011. «Même après la prise du pouvoir par Kim Jong-Un, il y avait cette idée en Chine que Kim Jong-Nam, homme à l'esprit ouvert, avait un bien meilleur profil pour être dirigeant», a-t-il ajouté.

Cela a donné à Kim Jong-Un trois raisons d'espérer la mort de son frère aîné, a estimé Hong Hyun-Ik, de l'Institut Sejong, groupe de réflexions à Séoul. «Outre le fait de critiquer ouvertement le régime du Nord, Jong-Nam est l'aîné, le premier fils légitime... et il soutenait la Chine», explique M. Hung-Ik. «Du point de vue de Jong-Un, il y avait suffisamment de raisons pour le tuer».

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