A Montpellier, la pression s'accentue sur les "bloqueurs" de l'université Paul Valéry

Des manifestants face aux forces de l #39;ordre le 14 avril 2018  agrave; Mohtpellier (AFP/Archives - Pascal GUYOT)
AFP - AA

Au surlendemain des incidents qui ont marqué une manifestation de "convergence des luttes" à Montpellier, le préfet de l'Hérault a laissé la porte ouverte lundi à une intervention policière sur le campus de l'université Paul Valéry, bloqué depuis la mi-février par des opposants à la loi Vidal.

"Le déblocage, oui, il aura lieu et chaque jour nous en rapproche, mais je ne peux ni donner le jour ni la date", a déclaré au cours d'une conférence de presse le préfet Pierre Pouëssel, tout en reconnaissant qu'une intervention policière sur ce campus "totalement poreux" d'une dizaine d'hectares posait une "vraie difficulté".

Quelques heures auparavant, le président de l'université Paul Valéry Patrick Gilli avait lui-même annoncé avoir demandé en justice l'évacuation du campus.

"Une évacuation par la force ne résoudra rien et ravivera les braises", a assuré de son côté à l'AFP Laurent Fauré, représentant FSU des personnels, dénonçant une "stratégie politique visant à criminaliser le mouvement" contre la loi Vidal.

Le campus Paul Valéry est officiellement fermé depuis samedi soir et les violents incidents qui ont marqués la manifestation organisée en ville, initialement à l'appel d'une Coordination nationale des luttes étudiante, mais qui a finalement agrégé de nombreux opposants au gouvernement sous un mot d'ordre de "convergence des luttes".

Quarante-quatre personnes avaient été placées en garde à vue samedi soir après ces incidents qui ont fait de nombreux dégâts ainsi que 7 blessés légers parmi les forces de l'ordre selon le préfet. Seules deux personnes ont été déférées lundi: l'une a été condamnée à 3 mois de prison ferme en comparution immédiate, la deuxième a demandé un délai pour être jugé.

"Les autres gardes à vue ont été levées car à ce stade de l'enquête les responsabilités individuelles n'ont pu être établies, mais l'enquête se poursuit sur ces dégradations", a précisé à l'AFP le procureur de la République Christophe Barret.

"Je distingue les casseurs des manifestants qui s'étaient rassemblés auparavant et voulaient exercer pacifiquement leur droit de manifester", a de son côté souligné le préfet Pierre Pouëssel, évoquant "200 individus", appartenant selon lui à "la mouvance anar locale", arrivés "armés avec des caddies servant à transporter des pierres, des bouteilles de peinture, des feux d'artifice qu'ils ont projetés à tirs tendus contre les forces de l'ordre".

- "Camp de base" -

AFP - Le préfet de l'Hérault Pierre Pouëssel lors d'une conférence de presse le 16 avril 2018 sur les incidents lors des manifestations étudiantes du 14 avril - Par PASCAL GUYOT

Selon le préfet, ce groupe a "son camp de base" à l'université Paul Valéry. "En fin de manifestation, les forces de l'ordre exerçant leur droit de suite ont suivi ceux des 200 manifestants qui s'étaient montrés particulièrement violents" et ont procédé à une "interpellation collective" près de l'université, a-t-il encore précisé.

"Les étudiants qui sont remontés sur le campus samedi soir ne sont pas du tout des casseurs", a affirmé pour sa part le professeur et syndicaliste FSU, dénonçant une tentative de "faire porter le chapeau" des violences à "des étudiants mobilisés".

Le président de l'établissement Patrick Gilli a assuré avoir été "contraint de prononcer" la "fermeture du site" depuis samedi soir. "Des étudiants et des éléments extérieurs se sont introduits sur le campus" en dépit de cette fermeture, a-t-il déploré, évoquant des "informations inquiétantes sur les risques de violences dans l'établissement" et la découverte "d'armes par destination (pavés, bâtons)".

La semaine dernière, la tension était montée d'un cran sur le campus, après le sabotage des serveurs informatiques de l'université, qui a entraîné la suspension des examens par internet qu'avait organisés la direction.

Le lendemain, le président de l'université avait déposé "un référé +mesures utiles+ devant le tribunal administratif pour enjoindre l'Etat à aider l'établissement et demander le recours aux forces de l'ordre". "Concrètement cela revient à demander une expulsion sans droit ni titre, une évacuation" du campus, a expliqué à l'AFP Maud Morlaàs-Courties, vice-présidente du conseil d'administration de l'université. Ce référé doit être examiné mardi à 10H00 par le tribunal administratif.

L'université Paul Valéry accueille environ 20.000 étudiants et 1.600 membres du personnel. Fin mars, des étudiants avaient voté en assemblée générale un "blocus illimité" de l'établissement jusqu'à "l'abrogation de la loi Vidal".

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