Occupation de la mosquée de Poitiers: prison avec sursis pour cinq militants

Des militants du mouvement d #39;extr ecirc;me droite G eacute;n eacute;ration identitaire sur le toit de la mosqu eacute;e de Poitiers, le 20 octobre 2012 (AFP/Archives - STRINGER)
AFP - AA

Cinq militants du mouvement d'extrême droite Génération identitaire, âgés de 27 à 30 ans, ont été condamnés à un an de prison avec sursis jeudi pour la spectaculaire occupation en 2012 de la mosquée de Poitiers (Vienne).

Quatre d'entre eux, poursuivis pour provocation à la haine raciale ou religieuse et dégradation de biens appartenant à autrui, sont également mis à l'épreuve pendant deux ans avec l'obligation d'indemniser les victimes, principalement des associations de musulmans. Ils sont également privés de l'ensemble de leurs droits civiques et de famille pendant cinq ans.

Benoît Vardon, lui, n'a été "condamné que pour la seule complicité du délit de provocation à la haine raciale", il est privé de certains droits comme celui d'éligibilité durant cinq ans. L'association Génération identitaire, coupable "de dégradations volontaires commises en réunion", reçoit une amende de 10.000 euros.

Le tribunal correctionnel de Poitiers, qui a pris en compte "la gravité des infractions" et l'absence ou quasi-absence d'antécédents judiciaires, a suivi les réquisitions du ministère public, excepté pour Benoît Vardon.

Un seul prévenu était présent au procès, où Génération identitaire, jugée en tant que personne morale, était représentée par son président Arnaud Martin. Ils ont choisi de garder le silence à l'exception d'un texte lu au début du procès, justifiant l'action de 2012 pour "réclamer un référendum sur la question de l'immigration en France".

Dans son jugement, le tribunal a également pris en compte l'attitude des prévenus ou leurs conseils qui "ont semblé traiter avec une certaine dérision le délit de dégradations volontaires commises en réunion".

Le samedi 20 octobre 2012, au petit matin, 73 militants de Génération identitaire avaient investi le chantier d'une mosquée en construction à Poitiers, sous l'oeil de caméras de télévision, déjà présentes à l'arrivée des policiers.

"Gaulois, réveille-toi, pas de mosquée chez toi !", "Souviens-toi, Charles Martel !", "Poitiers, nous sommes les héritiers !": un florilège de slogans hostiles aux musulmans avaient été lancés, avec maintes références à la bataille de Poitiers de 732 au cours de laquelle le chef franc Charles Martel est censé avoir repoussé les armées du califat omeyyade. Des tapis de prière avaient été dégradés.

Pour le recteur de la mosquée de Poitiers, Boubaker El hadj Amor, "le jugement et ses motivations expliquent bien qu'on ne peut pas donner un chèque en blanc à des racistes. Il fallait cela pour donner un coup de frein à ces agissements. Le jugement explique bien que l'on peut faire référence à Charles Martel et à la Bataille de Poitiers, mais pas n'importe comment, ni en tenant n'importe quels propos".

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